France : quelles options pour réduire les émissions carbone des vols aériens domestiques ?

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  • Publié le: lundi 25 janvier 2021

Suivant une proposition de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), le gouvernement veut interdire les vols aériens domestiques quand une alternative de moins de 2h30 existe. Cette mesure devrait entrer en vigueur d’ici 2025, mais Greenpeace presse l’exécutif de se montrer plus ambitieux et de limiter plus drastiquement les vols domestiques. Le syndicat des pilotes de ligne, de son coté, défend l’idée que, pour être efficace, ce type d’interdiction doit être coordonné au niveau international.

Quelle stratégie de réduction des émissions carbone du transport aérien domestique va prendre le gouvernement ? La Convention citoyenne pour le climat (CCC) a proposé d’interdire, d’ici 2025, toutes les liaisons intérieures « où il existe une alternative bas carbone satisfaisante en prix et en temps ».

Vols aériens domestiques : Greenpeace pointe le manque d’ambition de la proposition gouvernementale

Le gouvernement transforme actuellement cette proposition en projet de loi,  en validant le critère d’une alternative de moins de 2h30 en train et en excluant les liaisons en correspondance. Le texte devrait être présenté au conseil des ministres en février 2021. Mais Greenpeace, en s’appuyant sur une analyse du Réseau Action Climat, a récemment souligné qu’en l’état, cette mesure aurait un impact beaucoup trop réduit pour faire face à l’urgence climatique.

« La mesure du gouvernement ne concernerait que cinq lignes sur la centaine de connexions intérieures existantes » , et n’offrirait donc qu’une réduction « de 6,6 % les émissions de CO2 issues des vols métropolitains, et de 0,5 % les émissions de l’ensemble des vols au départ de la France », pointe l’ONG.

Greenpeace demande donc à l’exécutif de durcir sa mesure, et de porter l’interdiction à toutes liaisons aérienne pour lesquelles une alternative en train de moins de 5 heures existe. L’ONG souligne qu’une telle limite supprimerait notamment les trois liaisons les plus émettrices de CO2 en 2019 (Paris-Nice, Paris-Toulouse, Paris-Marseille), et qu’elle permettrait de réduire 60,6 % les émissions de CO2 des vols métropolitains.

Le SNPL logiquement opposé à l’interdiction de trop de liaisons aériennes intérieures

Cette proposition de Greenpeace a provoqué une réaction immédiate du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui a notamment affirmé que « les mesures de réduction du transport aérien, pour être efficaces en matière climatique, n’ont de sens que coordonnées à l’échelon international ».

Le SNPL explique notamment que la mesure proposée par Greenpeace ouvrirait « les vannes du trafic à la concurrence internationale, qui fera transiter le même nombre de passagers, le même nombre d’avions, par d’autres hubs mondiaux. Pour un bénéfice climatique nul ».

L’argument laisse perplexe. Le réflexe de défense de leur emploi explique assurément la prise de parole des pilotes de ligne, car difficile de comprendre vers quel « hub mondial » se tournerait un passager souhaitant aller rapidement de Paris à Marseille, Nice ou Toulouse. En effet, un transit par un aéroport étranger rallongerait considérablement son voyage, le rendant plus long que les alternatives en train disponibles……

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