Pourquoi de plus en plus de salariés choisissent la retraite progressive : leur nombre a doublé en un an selon la Cnav

66 800 personnes en bénéficient déjà, presque le double en un an seulement. Un décret discret a changé la donne dès 60 ans. Salaire réduit, pension en plus : la formule séduit de plus en plus de salariés.

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Pourquoi de plus en plus de salariés choisissent la retraite progressive : leur nombre a doublé en un an selon la Cnav
Pourquoi de plus en plus de salariés choisissent la retraite progressive : leur nombre a doublé en un an selon la Cnav © Social Mag

Au deuxième trimestre 2026, 66 800 personnes perçoivent une retraite progressive, contre 45 948 au 31 décembre 2025, selon les derniers chiffres de la Cnav (Caisse nationale de l’assurance vieillesse). Entre le 30 juin 2025 et le 30 juin 2026, le nombre total de bénéficiaires a été multiplié par près de 1,9, passant de 34 798 à 66 816, d’après une étude de la caisse publiée début juillet.

Ce dispositif, qui permet de toucher une partie de sa pension tout en travaillant à temps partiel en fin de carrière, était jusqu’ici resté marginal. Il gagne désormais du terrain de manière nette.

Source : SNSP-TSTI (Système National Statistiques Prestataires Travailleurs Salariés et Travailleurs Indépendants)

Un décret de l’été 2025 a figé l’âge d’accès à 60 ans

La Cnav attribue cette progression d’abord aux assouplissements successifs des conditions d’accès. Depuis 2015, la retraite progressive était accessible deux ans avant l’âge légal de départ, soit 60 ans à l’époque. La réforme des retraites de 2023 devait porter ce seuil à 62 ans, en cohérence avec le recul progressif de l’âge légal à 64 ans.

Mais un décret paru à l’été 2025, fruit d’un accord avec les partenaires sociaux, a finalement figé l’âge d’éligibilité à 60 ans depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, sous réserve d’avoir validé 150 trimestres.

Cette même réforme de 2023 a par ailleurs élargi l’accès du dispositif aux fonctionnaires et aux professions libérales, jusque-là exclus. Elle a aussi renforcé les droits des salariés : l’employeur ne peut désormais plus s’opposer à une demande de retraite progressive sans motif légitime, rappelle la Cnav. Seule une incompatibilité avec l’activité de l’entreprise justifie un refus.

La caisse évoque enfin, dans une moindre mesure, l’arrivée à l’âge d’éligibilité de générations plus nombreuses, nées entre 1963 et 1966, ainsi qu’une meilleure connaissance du dispositif par les usagers. Dans les grands groupes, où le passage à temps partiel s’organise plus facilement, le recours au dispositif est particulièrement marqué.

Le recul de l’âge légal à 64 ans, si la réforme Borne devait être maintenue en l’état après l’élection présidentielle de 2027, a éloigné la perspective d’un départ pour de nombreux salariés, qui y voient une façon de lever le pied en attendant.

Un temps partiel entre 40 % et 80 %, compensé par une fraction de pension

Instaurée en 1988, la retraite progressive impose de travailler entre 40 % et 80 % de la durée légale conventionnelle, ou entre 87 et 174 jours par an pour les salariés au forfait jours, sur la base d’un forfait annuel de 218 jours.

Une retraite provisoire est calculée au moment de la demande, puis seule la fraction correspondant au temps non travaillé est versée. Un salarié à 65 % de son temps perçoit ainsi 35 % de sa pension, en plus de son salaire à temps partiel.

Avec l’accord de l’employeur, il est possible de continuer à cotiser sur la base d’un temps plein malgré la réduction d’activité, afin de limiter l’impact sur le montant de la pension définitive.

Éric Lalanne, directeur commercial montpelliérain de 60 ans, ne travaille plus que trois jours par semaine et perçoit déjà une partie de sa pension. Il consacre son temps libre au sport, aux balades, à la danse avec sa compagne, au jardinage et à ses petits-enfants.

« D’avoir moins de temps à travailler, quelque part, il y a beaucoup plus de plaisir, on retrouve cette dimension de plaisir », confie-t-il au 20 H de TF1. Il envisage à terme de réduire encore son activité à deux cinquièmes de temps plein.

Sylvie Delahodde, ancienne gestionnaire dans l’immobilier commercial, avait pour sa part choisi de travailler quatre jours par semaine, en repos le vendredi. Elle percevait 80 % de son salaire habituel et 20 % de pension, soit 460 euros brut de moins qu’auparavant, sans renoncer pour autant à voyager. « Une pension n’étant jamais l’équivalent d’un salaire, qu’on se le dise », résume-t-elle.

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