Alors que les débats sur la cohésion sociale occupent une place croissante dans l’espace public, une enquête réalisée par Occurrence pour UNIQUES auprès de 1 003 Français entre le 20 et le 22 mai 2026 apporte un éclairage sur le rapport des citoyens à l’égalité. Publiée le 8 juin 2026, l’étude montre que l’inégalité reste un sujet majeur aux yeux de la population, bien au-delà des seules questions économiques. Elle met en évidence une attente forte d’actions concrètes dans plusieurs domaines qui structurent la vie quotidienne et participent au sentiment d’appartenance à la société.
L’inégalité nourrit un sentiment d’exclusion dans une partie de la population
Premier enseignement de l’étude : l’inclusion n’est pas vécue de manière uniforme. Si une majorité des Français estime trouver sa place dans la société, 17 % déclarent ne pas s’y sentir inclus. Parmi eux, 3 % affirment même ne pas être inclus « pas du tout », selon l’étude Occurrence pour UNIQUES publiée le 8 juin 2026. Ce chiffre peut sembler minoritaire. Pourtant, rapporté à l’ensemble de la population française, il représente plusieurs millions de personnes qui éprouvent une forme de distance vis-à-vis du collectif national.
Cette réalité fait écho à un constat plus ancien. Dans une précédente étude publiée par Diversidays et France Travail le 21 mai 2025, seuls 10 % des Français estimaient vivre dans un pays où chacun dispose réellement des mêmes chances de réussir. Cette perception traduit une forme de doute quant à la capacité de la société à garantir une égalité effective entre les citoyens. Elle interroge également la promesse républicaine d’égalité des chances, souvent présentée comme l’un des fondements du modèle français.
Au-delà des statistiques, ces résultats révèlent une évolution des attentes. Les Français ne jugent plus seulement l’égalité à travers les droits inscrits dans la loi. Ils l’évaluent à partir de leur expérience concrète : la possibilité de se projeter dans l’avenir, d’être reconnu, de participer pleinement à la vie collective et de bénéficier des mêmes perspectives que les autres.
Travail, éducation et logement : les lieux où se joue l’appartenance à la société
Lorsqu’ils identifient les domaines dans lesquels davantage d’égalité est nécessaire, les Français désignent d’abord la vie professionnelle. Selon l’étude, 52 % des répondants citent le travail comme priorité. Viennent ensuite l’école, les études et la formation avec 43 %, puis l’accès au logement avec 34 %.
Ces chiffres illustrent une réalité sociétale majeure : l’inclusion se construit dans les espaces qui façonnent les parcours de vie. L’école reste le premier lieu où se forgent les perspectives d’avenir. Le travail demeure un puissant facteur d’intégration sociale, de reconnaissance et d’autonomie. Quant au logement, il conditionne souvent l’accès aux services, aux transports, à l’emploi et aux réseaux sociaux.
L’inégalité apparaît ainsi comme un phénomène multidimensionnel. Elle ne se limite pas à des écarts de revenus. Elle influence la capacité à avancer dans la vie, à saisir des opportunités ou à se sentir pleinement membre de la société. Cette approche rejoint les préoccupations exprimées depuis plusieurs années par les acteurs de l’inclusion. Dans une déclaration publiée le 21 mai 2025 par Diversidays, le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, soulignait : « Dans un contexte économique qui se durcit, l’inclusion est une chance. »
Cette demande d’égalité traduit également une aspiration à davantage de mobilité sociale. Les Français semblent considérer que les mécanismes traditionnels de promotion sociale fonctionnent moins bien qu’auparavant. L’accès à l’emploi, à la formation ou à un logement abordable devient dès lors un indicateur concret de la capacité de la société à réduire les écarts.
Santé mentale, femmes-hommes : les nouvelles frontières de l’inégalité
L’étude met également en lumière des préoccupations qui dépassent les indicateurs économiques classiques. Ainsi, 33 % des Français estiment qu’il faudrait davantage d’égalité dans l’accès à la santé physique et mentale. Ce résultat témoigne d’une prise de conscience croissante des liens entre bien-être, inclusion et cohésion sociale.
Longtemps reléguée au second plan dans les débats sur l’égalité, la santé mentale apparaît désormais comme un enjeu central. Les difficultés psychologiques, l’accès aux soins spécialisés ou encore les effets de l’isolement influencent directement la capacité des individus à participer pleinement à la vie sociale. Selon une étude publiée par Santé publique France le 2 juin 2026, 13 % des enfants âgés de 6 à 11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale. Les difficultés financières, les tensions familiales ou les problèmes scolaires figurent parmi les facteurs associés à ces situations.
L’enquête révèle aussi des écarts significatifs entre les femmes et les hommes. Ainsi, 39 % des hommes déclarent se sentir « tout à fait » inclus dans la société française, contre 29 % des femmes. Ces dernières sont également plus nombreuses à considérer la santé physique et mentale comme une priorité en matière d’égalité : 37 % contre 29 % des hommes, selon l’étude Occurrence pour UNIQUES.
Ces différences montrent que le sentiment d’inclusion reste marqué par les expériences vécues. Les femmes semblent davantage exposées à certaines formes de vulnérabilité ou d’inquiétude concernant leur place dans la société. L’inégalité ne se manifeste donc pas uniquement à travers les revenus ou les carrières. Elle se traduit également par des écarts de confiance, de sécurité ou de perception des opportunités.
Derrière ces résultats se dessine finalement une question centrale : celle du lien social. L’étude suggère que les Français attendent moins des discours de principe que des réponses tangibles à des difficultés concrètes. Emploi, éducation, logement, santé ou inclusion : autant de domaines où se joue aujourd’hui le sentiment d’appartenance à une société capable d’offrir à chacun une place reconnue et des perspectives d’avenir.

