Les augmentations des tarifs de mutuelles inquiètent de plus en plus, surtout chez les retraités. Une hausse de plus de 4% prévue en 2026 risque d’aggraver un phénomène déjà bien installé : le renoncement à la couverture complémentaire en raison des tarifs des mutuelles. Les seniors, déjà fragilisés par des besoins de soins plus importants, sont particulièrement touchés par ces augmentations des cotisations. Certains prennent des mesures radicales, jusqu’à résilier leur contrat de mutuelle. Alors que des dispositifs publics comme le « 100% santé » et le contrat responsable cherchent à encadrer le marché, la pérennité des tarifs reste incertaine, ce qui rend crucial de choisir une mutuelle adaptée.
Ils témoignent : retraités face à la hausse des prix
Jean-Yves, retraité de 70 ans près de La Rochelle, et son épouse Claudine, 68 ans, interrogés par BFMTV, disent leur ras-le-bol devant la hausse constante des primes. « Toujours plus cher ! Mais pour aller où ? », lance Jean-Yves, précisant que leurs cotisations « ont plus que doublé » depuis leur départ à la retraite. Cette situation pousse nombre de retraités, dont « des amis retraités » du couple, à envisager de résilier leur couverture santé faute de pouvoir payer. Claudine, résignée, confirme : « Partout, les tarifs augmentent, alors quel intérêt de changer de crèmerie, autant ne plus du tout se couvrir. »
Chiffres officiels et offres alternatives
Les chiffres montrent que, si en 2019 seuls 4% des retraités n’étaient pas couverts par une complémentaire santé, les coûts des complémentaires continuent d’augmenter. Les offres non responsables restent minoritaires, représentant 3% des formules souscrites en 2024. Selon la FNMF, les primes pour les contrats individuels augmenteront de +7,3% en 2024, +5,3% en 2025, et +4,3% en 2026. Sur le plan fiscal, les contrats non responsables sont taxés à 20,27%, contre 13,27% pour les contrats responsables.
Face à cette situation, des acteurs comme Solly Azar et Mutua Mea présentent des alternatives. Solly Azar a lancé en juin 2024 un contrat non responsable destiné aux seniors, promettant une économie moyenne de 300 € par an par rapport aux contrats responsables, avec une prime moyenne de 1 050 € par an. Dans la même veine, Mutua Mea, en partenariat avec l’assureur Generali, propose des formules ne couvrant que les risques graves et imprévisibles, annonçant des tarifs « trois fois moins chers que le reste du marché ».
Dispositifs et innovations chez les mutuelles
Le dispositif « 100% santé », introduit durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, a été critiqué par certains pour avoir, selon eux, « dévoyé » son objectif initial, entraînant une explosion des dépenses et des cotisations. Le contrat responsable, créé en 2004, visait à coordonner le parcours de soins et à réguler la consommation de services médicaux. La Mutualité française réclame une régulation plus stricte pour garantir des tarifs stables et équitables.
De son côté, Malakoff Humanis a innové en proposant une offre respectant le contrat responsable tout en s’affranchissant partiellement de la tarification à l’âge, permettant une entrée dans le contrat entre 60 et 80 ans. Les formules, de « économique » à « renfort », affichent des tarifs allant de 47,40 € à 85 € selon l’âge et les garanties choisies.


