Bientôt 22 heures dans un avion : Qantas prépare le vol le plus interminable du monde

Repas minutés, lumière artificielle, zone d’étirements… Pour son futur Sydney-Londres sans escale, la compagnie australienne transforme la cabine en laboratoire du sommeil.

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Bientôt 22 heures dans un avion : Qantas prépare le vol le plus interminable du monde © Social Mag

Prendre l’avion pendant presque une journée entière sans poser le pied au sol : c’est le défi que Qantas veut proposer à ses passagers à partir d’octobre 2027. La compagnie australienne prépare un vol direct entre Sydney et Londres, dont la durée pourrait atteindre 22 heures. Ce serait le plus long vol commercial régulier sans escale au monde.

L’idée a de quoi fasciner autant qu’effrayer. Pendant près d’une journée, les passagers vivront dans une cabine fermée, traverseront plusieurs fuseaux horaires et devront gérer sommeil, repas, ennui, voisinage et décalage horaire. Pour éviter que l’expérience ne tourne au marathon aérien, Qantas a décidé de traiter le sujet comme une expérience scientifique.

Dormir au bon moment, manger au bon moment

Le vol Sydney-Londres fait partie de Project Sunrise, nom donné par Qantas à son programme de très longs courriers. L’objectif est simple : relier directement l’Australie aux grandes capitales du monde, sans escale. Mais pour que les passagers acceptent de rester aussi longtemps à bord, la compagnie doit résoudre une question très concrète : comment faire tenir un corps humain 20 heures dans un avion sans l’épuiser ?

Qantas travaille donc sur l’éclairage, les horaires des repas et les moments de repos. Les repas ne seront pas seulement servis en fonction de l’heure de départ ou du confort de l’équipage : ils seront programmés pour accompagner le rythme biologique des passagers. L’idée est de favoriser le sommeil à certains moments et l’éveil à d’autres.

La lumière jouera aussi un rôle central. Dans la cabine, l’éclairage pourra simuler un lever ou un coucher de soleil, afin d’aider les passagers à s’adapter progressivement au fuseau horaire de destination. Reuters rapporte que 14 scénarios lumineux ont été programmés, inspirés des paysages australiens.

Une zone pour s’étirer au milieu du ciel

L’autre curiosité de ce futur vol sera la présence d’une “wellness zone”, une zone de bien-être où les voyageurs pourront se lever, s’étirer et accéder à des boissons ou collations. L’idée peut sembler modeste, mais sur un vol de 22 heures, quelques mètres carrés pour bouger deviennent un argument commercial.

Les concepteurs ont même envisagé des idées plus inattendues, comme des vélos d’exercice ou des tapis de yoga. Ces options n’ont finalement pas été retenues. Qantas a préféré une zone plus simple, conçue pour permettre aux passagers de quitter leur siège quelques minutes et de casser l’immobilité du vol.

Le designer David Caon a expliqué vouloir créer une ambiance évoquant le fait d’être allongé au bord d’une piscine. Une image presque surréaliste, quand on sait que les passagers seront enfermés dans un avion lancé au-dessus de plusieurs continents.

Le grand test de la classe économie

La première classe et la classe affaires devraient évidemment bénéficier des meilleurs atouts : lits, suites fermées et davantage d’espace. Mais la véritable question concerne l’économie. Contrairement à d’autres vols ultra-long-courriers, le Sydney-Londres de Qantas accueillera aussi des passagers en classe économique.

L’avion comptera 238 sièges répartis en quatre classes, dont une partie importante en économie. Pour ces voyageurs, 22 heures à bord poseront des questions très ordinaires : que faire si l’on dort mal ? si le voisin bouge beaucoup ? si un enfant pleure ? si l’on se sent coincé ? C’est précisément ce mélange d’exploit technique et de petits désagréments humains qui rend le projet si insolite.

Une journée suspendue dans les airs

Qantas promet un gain de temps pouvant atteindre quatre heures par rapport aux itinéraires avec escale. Mais le vrai sujet sera peut-être ailleurs : comment occuper mentalement et physiquement une journée entière dans un avion ?

Lire, dormir, manger, marcher quelques pas, regarder des films, regarder encore la carte du vol, dormir à nouveau… Le futur Sydney-Londres sans escale ne sera pas seulement un record aérien. Ce sera une expérience de patience collective, un huis clos à 10 000 mètres d’altitude, et peut-être un aperçu de ce que pourrait devenir le voyage très longue distance dans les prochaines années.

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