Retraite : le PER poursuit sa progression

Le Plan épargne retraite (PER) confirme son succès avec un encours record de 150,4 milliards d’euros fin 2025 et 12,9 millions de titulaires. Cette progression de 20% illustre l’engouement des Français pour ce dispositif alliant épargne retraite et optimisation fiscale.

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Retraite : le PER poursuit sa progression © Social Mag

Le Plan épargne retraite (PER) s’impose désormais comme l’instrument de référence de la préparation à la retraite en France. Fin 2025, ce produit d’épargne né de la loi Pacte en 2019 a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 150 milliards d’euros d’encours, fédérant 12,9 millions de titulaires selon les données du ministère de l’Économie publiées le 17 mai. Une étape qui consacre, en moins de six ans d’existence, l’ancrage durable du dispositif dans le paysage de l’épargne française.

Cette trajectoire ascendante traduit l’adhésion croissante des Français à un mécanisme qui conjugue constitution d’une épargne retraite complémentaire et optimisation fiscale. En une seule année, l’encours du PER a progressé de 20 %, un rythme soutenu qui résiste aux turbulences économiques et témoigne d’une confiance structurelle dans le dispositif. Pour les épargnants, cette dynamique n’est pas anodine : elle signale que de plus en plus de Français prennent conscience de la nécessité de préparer activement leur retraite, en dehors des seuls régimes obligatoires.

Plus révélateur encore, les versements ont bondi de 16 % en 2025 pour atteindre 20,2 milliards d’euros, selon la fédération France Assureurs. Cette vitalité s’explique tant par l’attrait fiscal du dispositif que par une prise de conscience, désormais largement partagée, de l’impérieuse nécessité de compléter des régimes obligatoires soumis à une pression démographique grandissante. À une époque où la question du niveau des pensions hante les débats publics — comme en témoignent ces situations de plus en plus fréquentes où des erreurs de cotisation compromettent des droits durement acquis —, le PER apparaît comme une réponse concrète à l’inquiétude des actifs.

Le PER franchit le seuil historique des 150 milliards d’euros d’encours

L’analyse des différentes catégories de PER révèle une progression remarquablement équilibrée. Les PER individuels concentrent la part la plus substantielle des encours, avec 88,5 milliards d’euros, en hausse de 21 % sur l’année. Cette performance atteste de l’appétit des particuliers pour une solution qu’ils pilotent librement, sans dépendre d’un cadre collectif imposé par l’employeur.

Du côté de l’épargne salariale, les PER d’entreprise collectifs affichent une vigueur comparable, avec 33,86 milliards d’euros d’encours et une progression de 22 %. Les PER obligatoires, à la croissance plus contenue de 13 %, n’en demeurent pas moins dynamiques, totalisant 28,04 milliards d’euros. Selon Les Echos, cette répartition harmonieuse illustre la maturité d’un dispositif qui séduit aussi bien les épargnants individuels que les entreprises désireuses d’enrichir leurs avantages sociaux.

Pour la préparation à la retraite des Français, ces chiffres sont porteurs d’un message clair : le PER n’est plus un produit de niche réservé aux plus avertis. Sa diffusion dans les entreprises comme parmi les particuliers dessine peu à peu un nouveau pilier de la protection sociale, complémentaire aux régimes par répartition.

Mécanismes et avantages du dispositif PER

Le succès du Plan épargne retraite repose sur une architecture pensée pour concilier souplesse et efficacité fiscale. Accessible à l’ensemble des résidents fiscaux français — salariés, fonctionnaires, travailleurs indépendants ou personnes sans activité professionnelle —, le PER permet de bâtir une épargne dédiée à la retraite tout en allégeant sans attendre la charge fiscale de l’épargnant.

Les versements volontaires sont en effet déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond indexé sur les revenus professionnels. Cet avantage est d’autant plus substantiel que le taux marginal d’imposition du souscripteur est élevé, ce qui en fait un outil particulièrement prisé des cadres supérieurs et des professions libérales. Selon Le Figaro, cette optimisation fiscale demeure l’un des ressorts essentiels de l’attractivité du produit.

La gestion des fonds obéit à une logique de cycle de vie ajustée à l’âge de l’épargnant. Avant 40 ans, les versements sont majoritairement orientés vers des unités de compte, offrant un potentiel de rendement plus élevé en contrepartie d’une exposition accrue aux marchés financiers. Cette allocation se rééquilibre progressivement vers des supports plus sécurisés à mesure que l’horizon de la retraite se rapproche, limitant ainsi le risque de perte en capital au moment le plus critique.

Modalités de sortie et flexibilité du dispositif

À l’heure de la retraite, le titulaire d’un PER n’est pas contraint à un schéma unique. Il peut choisir une sortie en capital, récupérant l’intégralité de l’épargne accumulée, ou opter pour une rente viagère assurant un revenu régulier jusqu’à la fin de ses jours. Cette liberté de choix, absente de nombreux produits d’épargne retraite antérieurs, constitue l’un des atouts les plus décisifs du dispositif.

Le PER ménage également des soupapes en cas de coup dur avant la retraite. Un déblocage anticipé est possible dans plusieurs situations exceptionnelles : décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, invalidité, surendettement, épuisement des droits au chômage, liquidation judiciaire ou encore acquisition de la résidence principale. Ces dispositions offrent une sécurité non négligeable à des épargnants qui redoutent de voir leurs fonds immobilisés sans recours. Selon Ouest-France, cette palette d’options de sortie renforce l’adhésion d’une clientèle soucieuse de garder la maîtrise de son épargne.

Impact économique et financement des entreprises

Au-delà de sa dimension individuelle, le Plan épargne retraite joue un rôle économique de première importance. Le ministère de l’Économie souligne que plus de 60 % des actifs du PER sont directement fléchés vers le financement des entreprises, contribuant ainsi à l’essor de l’économie productive nationale.

Cette contribution prend notamment la forme de plus de 5 milliards d’euros investis en actifs non cotés, soutenant le financement de PME et d’entreprises en croissance. Cette orientation vers l’économie réelle distingue avantageusement le PER d’autres véhicules d’épargne davantage concentrés sur les placements financiers classiques. Les gestionnaires développent en outre des gammes de fonds responsables et durables, répondant aux attentes d’épargnants de plus en plus sensibles à l’impact environnemental et social de leurs investissements.

Perspectives d’évolution et défis futurs

La progression soutenue du PER s’inscrit dans un contexte démographique qui rend la constitution d’une épargne retraite complémentaire non plus optionnelle, mais nécessaire. Le vieillissement de la population et la dégradation du ratio entre actifs et retraités exercent une pression croissante sur les régimes obligatoires. Dans ce contexte, chaque point de croissance de l’encours du PER traduit une décision d’épargnant qui choisit de ne pas s’en remettre exclusivement à la solidarité intergénérationnelle pour assurer son niveau de vie futur. Pour des millions de Français, c’est une forme d’autonomie retraite qui se construit, versement après versement. À titre de comparaison, rappelons que les questions liées aux droits à la réversion illustrent combien la retraite reste un domaine semé d’incertitudes que chacun a intérêt à anticiper.

Les défis qui demeurent sont réels. Le PER souffre encore d’une complexité perçue — plafonds de déduction, arbitrages entre supports, modalités de sortie — qui peut freiner son adoption par les publics les moins familiarisés avec les produits financiers. L’amélioration de la pédagogie et la simplification des démarches administratives constituent donc des chantiers prioritaires pour les acteurs du secteur. Selon BFM TV, la digitalisation des services constitue à cet égard un levier décisif : assureurs et gestionnaires investissent massivement dans des plateformes numériques visant à fluidifier la gestion des contrats et à rapprocher le PER du grand public.

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