À l’aube de 2026, le paysage de l’épargne en France est en train de bouger. Le Livret A reste très répandu (avec 55 millions d’encours ouverts), mais il n’offre plus vraiment la protection attendue face à la baisse du taux et à la hausse des prix. Alors que l’inflation approche les 3 % pour 2025, le rendement du Livret A, désormais à 2,5 %, ne compense pas la perte de pouvoir d’achat. Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) se présente désormais comme une alternative intéressante.
À partir de janvier 2026, les plafonds de revenus pour ouvrir un LEP seront relevés de 1,1 %, une mesure soutenue par l’Assemblée nationale et le Sénat. Selon le Journal des Seniors, cela pourrait rendre éligibles 19 millions de foyers supplémentaires. Pourtant, 62 % des Français qui pourraient en bénéficier ne l’ont pas encore ouvert, un chiffre élevé, d’autant que les banques pourraient être peu enclines à encourager ces ouvertures en raison du coût pour les établissements.
Qui peut ouvrir un LEP et comment ça marche
Aujourd’hui, c’est le Revenu fiscal de référence (RFR) de chaque ménage qui fixe l’éligibilité au LEP. Pour 2026, les nouveaux seuils sont les suivants :
- pour un célibataire, le RFR ne doit pas dépasser 23 052 € ;
- pour une personne seule avec un enfant à charge, 29 191 € ;
- pour un couple sans enfant, 35 494 € ;
- et jusqu’à 47 421 € pour un couple avec deux enfants à charge.
L’ouverture d’un LEP a été simplifiée grâce à l’échange automatisé entre les banques et l’administration fiscale mis en place depuis 2023. Il suffit de faire la demande auprès de sa banque en joignant le RFR figurant sur l’avis d’imposition 2025 et d’effectuer un versement initial de 10 € pour activer le livret.
Ce qui joue en faveur du LEP (et sa fiscalité)
Le LEP séduit parce que son rendement est généralement positionné au-dessus des prévisions d’inflation (ce qui protège mieux l’épargne) et parce que les intérêts sont totalement exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux — une exonération que ne propose pas le Livret A. Le taux de rémunération, même s’il a été ramené à 2,7 % depuis le 1er août 2025, reste supérieur aux prévisions d’inflation pour 2026, estimées à environ 1 % par la Banque de France. Les taux d’intérêt des livrets sont révisés deux fois par an.
Pour se donner un ordre d’idée chiffré : 1 000 € placés sur un LEP à 2,4 % rapportent 24 € par an. Le gain augmente proportionnellement avec l’encours, jusqu’à 240 € pour le plafond légal de 10 000 €.







