Quelques heures avant l’éclipse solaire totale attendue en Europe mercredi 12 août, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé avoir détecté des anomalies sur certaines lunettes de protection vendues en France. Le phénomène, qualifié de rare par les autorités, restait partiel dans l’Hexagone, contrairement au nord de l’Espagne où le Soleil a totalement disparu quelques minutes.
170 professionnels inspectés, un sur cinq en anomalie
La DGCCRF mène une campagne nationale de vérifications, toujours en cours au moment de son annonce. Près de 170 professionnels, fabricants, importateurs ou distributeurs, ont déjà été inspectés. Selon des chiffres arrêtés mardi, 20 % d’entre eux se sont trouvés en anomalie. Ce bilan intermédiaire s’est traduit par 21 avertissements et 4 injonctions de mise en conformité.
Les contrôles réalisés par les services de l’État restent visuels et documentaires : ils portent sur la présence des marquages obligatoires, des documents de conformité et des instructions d’utilisation, afin de vérifier le respect des règles européennes.
Norme technique et amende de 200 000 euros
Les lunettes d’éclipse sont classées équipement de protection individuelle de catégorie II par le règlement européen 2016/425, ce qui impose une évaluation par un organisme notifié. La norme de référence, l’EN ISO 12312-2:2015, doit figurer sur le produit aux côtés d’un marquage CE, d’une notice en français et de l’identité du fabricant.
Les anomalies les plus fréquentes relevées par les inspecteurs concernent justement :
- l’absence ou la mauvaise apposition du marquage CE,
- l’absence de notice française,
- des avertissements incomplets ou l’impossibilité d’identifier clairement le fabricant.
Quand un équipement non conforme fait peser un risque sur la santé, la DGCCRF peut le faire saisir, retirer ou suspendre sa commercialisation. Les professionnels responsables s’exposent à une amende de 200 000 euros, un montant susceptible d’être doublé en cas de récidive, alerte BFMTV. Pour les modèles déjà vendus, un rappel peut apparaître sur le site RappelConso, et tout consommateur peut signaler un lot douteux via SignalConso.
Le risque médical principal est la brûlure rétinienne, qui peut survenir sans douleur immédiate. Selon les autorités sanitaires, elle peut entraîner une baisse de vision, une tache centrale ou une déformation des images, parfois plusieurs heures après l’observation. Lors d’une éclipse, le ciel s’assombrit brièvement, l’œil se croit protégé et la pupille se dilate, tandis que le rayonnement solaire concentré continue de frapper la rétine.
Les consignes officielles recommandent de limiter l’observation directe à environ trois minutes consécutives, même avec du matériel conforme, sous stricte surveillance pour les enfants. Lunettes de soleil, lunettes 3D, verres fumés, films photo ou radiographies sont proscrits pour regarder directement l’astre.





