Depuis leur création dans les années 1960, les heures creuses permettaient de payer l’électricité moins cher la nuit, lorsque la demande était plus faible. À partir du 1ᵉʳ novembre 2025, ce schéma historique va changer : les plages horaires seront redéfinies pour mieux refléter la réalité actuelle de la production, marquée par la montée des énergies renouvelables et les variations de la demande. Selon la CRE, cette refonte doit rapprocher les comportements des ménages des pics de disponibilité de l’électricité, favorisant ainsi des économies tout en allégeant la pression sur le réseau.
De nouvelles règles pour mieux suivre le rythme de la production
Les heures creuses telles que nous les connaissions, concentrées entre 22 h et 6 h ou 23 h et 7 h, vont désormais se décaler partiellement vers la journée. D’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE), ce changement découle du nouveau tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, dit TURPE 7, qui entrera en vigueur à l’automne 2025. « Les nouvelles plages d’heures creuses seront progressivement attribuées à compter du 1ᵉʳ novembre 2025 et jusqu’à fin 2027 », précise la CRE dans une annexe officielle du TURPE 7. Cette période transitoire permettra à Enedis, gestionnaire du réseau, d’ajuster localement les horaires selon les contraintes techniques.
En pratique, chaque abonné continuera de bénéficier de huit heures creuses par jour, mais leur répartition évoluera. Selon EDF, « vous continuerez à bénéficier de huit heures creuses par jour, mais aurez désormais une répartition de ces heures entre la nuit et l’après-midi ». Le volume global reste stable ; seule la position des créneaux change. Le but : rapprocher la consommation des périodes où la production, notamment solaire, est abondante et bon marché. Cette évolution s’inscrit aussi dans une logique de lissage des pics de demande, coûteux pour le système électrique français.
Des horaires repensés : entre 23 h et 7 h la nuit, et jusqu’à 17 h en journée
Les nouvelles plages d’heures creuses comprendront désormais au moins cinq heures consécutives la nuit, généralement situées entre 23 h et 7 h, auxquelles s’ajouteront deux à trois heures réparties en journée, entre 11 h et 17 h. « À partir du 1ᵉʳ novembre 2025, les heures creuses vont être placées la nuit entre 23 h et 7 h et en journée entre 11 h et 17 h », confirme le portail public Énergie-Info. Cette nouvelle organisation tient compte de la disponibilité croissante de l’électricité solaire en milieu de journée. En été, une plus grande part d’heures creuses sera allouée à la tranche 12 h – 16 h, période de production photovoltaïque élevée. À l’inverse, les créneaux du matin (7 h – 11 h) et du soir (17 h – 23 h) seront supprimés dans de nombreuses zones, car ils correspondent désormais à des pics de consommation.
La mesure vise à réduire les pointes électriques coûteuses et à récompenser les usages décalés. Concrètement, cela signifie qu’il ne sera plus rentable de lancer sa machine à laver à 7 h ou 18 h, mais plutôt en plein après-midi. Pour les foyers équipés de ballons d’eau chaude ou de bornes de recharge, les équipements devront parfois être reprogrammés. Enedis s’est engagé à accompagner les consommateurs dans cette transition, sans frais supplémentaires. Chaque fournisseur d’énergie devra informer les clients concernés au moins un mois avant le basculement effectif de leurs nouveaux horaires.
Une réforme progressive, touchant plus de 11 millions de foyers
Aujourd’hui, environ 14,5 millions de foyers bénéficient du tarif Heures Pleines / Heures Creuses. Parmi eux, près de 11 millions verront leurs créneaux modifiés dans les deux ans suivant la mise en œuvre. Cette réforme ne sera pas uniforme, certaines régions déjà alignées sur des plages mixtes, comme en Bretagne ou dans le Sud-Ouest, ne subiront que peu de changements. Ailleurs, notamment en Île-de-France et dans le Nord-Est, les horaires seront presque entièrement revus. EDF indique que les ajustements dépendront des « contraintes du réseau local et du profil de consommation ».
Enedis, de son côté, confirme que la nouvelle architecture des heures creuses tiendra compte du développement des énergies renouvelables locales, pour éviter les déséquilibres d’offre et de demande. La transition s’échelonnera jusqu’à fin 2027, afin de garantir la compatibilité des compteurs communicants Linky et d’éviter toute surcharge logistique. D’ici là, les foyers seront informés individuellement de leur nouvelle programmation. Certains fournisseurs comme TotalEnergies et Engie ont déjà indiqué qu’ils proposeront des simulateurs en ligne pour anticiper les changements d’habitudes.


