J’ai servi l’État toute ma vie comme gendarme : voici le montant réel de ma pension

Saviez-vous qu’un gendarme à la retraite touche en moyenne 2 276 € par mois, bien plus que d’autres fonctionnaires ?

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J’ai servi l’État toute ma vie comme gendarme : voici le montant réel de ma pension
J’ai servi l’État toute ma vie comme gendarme : voici le montant réel de ma pension © Social Mag

La retraite des gendarmes en France a pas mal de particularités qui la différencient des régimes des salariés du privé et d’autres fonctionnaires civils. Ces différences pèsent sur les finances, tant pour les individus que pour l’État, et posent des questions sur la pérennité et l’équité du système pour les gendarmes et les policiers, qui bénéficient d’un cadre spécifique plutôt favorable par rapport à d’autres professions.

Comment on calcule la retraite des gendarmes

Contrairement aux salariés du privé dont la retraite se base sur les 25 meilleures années de carrière, la pension des gendarmes est calculée sur les six derniers mois de solde indiciaire, ce qui valorise la rémunération de fin de carrière. Le taux plein s’établit à 75 %, et peut atteindre 80 % grâce aux bonifications. Cette méthode donne aux gendarmes un régime de retraite assez avantageux, notamment par rapport au régime classique du secteur privé.

L’Indemnité de Sujétion Spéciale de Police (ISSP), partagée avec les policiers nationaux, représente environ 20 % de la rémunération active. Elle est prise en compte dans le calcul de la pension dès 50 ans, et constitue un levier supplémentaire pour améliorer les conditions de retraite. Ce dispositif ne s’applique pas aux fonctionnaires civils, ce qui renforce la différence entre les régimes.

À quel âge et dans quelles conditions partent-ils à la retraite

Les gendarmes quittent généralement le service vers 52 ans, ce qui est précoce par rapport à la plupart des autres professions, en raison des conditions de départ spécifiques. Pour les sous-officiers, le départ intervient après 17 années de service, tandis que les officiers partent après 27 années. Les carrières en gendarmerie étant souvent intenses, ces départs précoces entraînent des périodes de pension plus longues et mettent une pression plus forte sur les finances publiques.

Les bonifications jouent aussi un rôle important pour partir plus tôt : elles ajoutent 21,5 trimestres supplémentaires pour les sous-officiers et 18,8 trimestres pour les officiers, ce qui améliore le taux de remplacement et le montant de la pension.

Ce que touchent les gendarmes à la retraite et les revalorisations prévues

En 2023, un gendarme quittant l’uniforme perçoit en moyenne 2 276 € bruts mensuels à la retraite, rapporte le magazine Pleine Vie. Les sous-officiers supérieurs touchent environ 2 392 €, tandis que les officiers supérieurs reçoivent 3 751 €. À titre de comparaison : les militaires des armées perçoivent 1 814 €, les agents territoriaux 1 670 €, et les fonctionnaires civils d’État 2 440 €.

Une revalorisation des pensions est prévue pour le 1er janvier 2026, avec un ajustement de +0,9 % en réponse à l’inflation annuelle. Par exemple, la pension d’un sous-officier supérieur passera à 2 413 €, tandis que celle d’un officier atteindra 3 785 €. Malgré cette hausse annuelle modeste (de l’ordre de +240 € à +408 €), elle est jugée insuffisante pour compenser l’érosion du pouvoir d’achat observée depuis vingt ans.

Inégalités hommes‑femmes et conséquences financières

Les écarts entre les pensions des hommes et des femmes dans la gendarmerie sont préoccupants, reflétant des écarts de pensions plus larges dans le système : en moyenne, une femme gendarme retraitée perçoit 1 767 €, soit 500 € de moins que ses homologues masculins. Cette différence s’explique par des carrières souvent plus courtes, des interruptions fréquentes, un accès retardé aux postes opérationnels et moins de promotions pour les femmes, illustrant les inégalités de genre.

Les prélèvements sociaux, CSG, CRDS et CASA, amputent aussi une part non négligeable des pensions. Pour un retraité touchant 2 400 € bruts mensuels, cela représente une perte d’environ 218 € par mois. Par ailleurs, une revalorisation peut faire basculer certaines pensions dans une tranche de prélèvement supérieure, alourdissant la charge fiscale pour ces retraités.

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