« Je suis expulsé de ma maison, je n’ai plus les clés et c’est à moi que l’on réclame la taxe d’habitation ! Je refuse de régler », s’indigne Serge de Miras, retraité de 63 ans, dans un entretien accordé au quotidien Sud Ouest.
Les impôts lui réclament 12 000 euros au titre de la taxe d’habitation pour les trois dernières années, alors qu’il n’a plus accès à sa maison familiale d’Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, depuis une décision de justice prononcée en 2016.
Jusqu’en 2023, Serge de Miras bénéficiait d’un dégrèvement sur cette taxe. Il juge cette demande incompréhensible au regard de sa situation réelle : il ne détient plus les clés du logement et n’a plus aucune jouissance du bien.
Serge de Miras avait vécu une dizaine d’années dans cette maison aux côtés de sa mère, après la disparition de son père. La propriété lui a été transmise au décès de ses parents, en copropriété avec sa sœur. Le désaccord entre le frère et la sœur, portant sur le paiement des droits de succession, a fini par aboutir à son expulsion en 2016.
Depuis, le dossier reste bloqué. En juin 2026, la maison n’avait toujours pas été vendue et la succession demeurait en suspens.
Entre-temps, la maison avait été occupée par des squatteurs, depuis expulsés. En y retournant, Serge de Miras a découvert une avancée en bois entièrement détruite à l’arrière du bâtiment, une toiture endommagée et des revêtements muraux arrachés à l’intérieur.
« Lors du squat, j’avais constaté une dizaine de lits éparpillés partout dans la maison. J’avais croisé deux personnes, qui m’ont dit qu’ils payaient un loyer », raconte le retraité. Il reste convaincu que les dégâts n’ont rien d’accidentel : « Je pense qu’ils ont fait ça pour se venger. L’avancée n’est pas tombée toute seule. Ils ont probablement cassé les poutres avec une masse… »
Du courrier au nom des anciens occupants a été retrouvé dans la boîte aux lettres. Mais Serge de Miras n’a pas porté plainte pour ces dégradations, épuisé par les nombreuses procédures engagées au fil du conflit familial.


