La communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut a annoncé, le 9 décembre, la construction d’un nouveau data center à Escaudain, sur l’ancien site sidérurgique d’Usinor. Ce projet, chiffré à 5 milliards d’euros, s’inscrit dans un plan de revitalisation industrielle et d’essor numérique. Prévu pour être opérationnel à l’horizon 2030, ce centre de données vise à renforcer la capacité de calcul française, notamment dans le domaine stratégique de l’IA.
Un site industriel reconverti en hub numérique stratégique
Le projet prendra place sur la vaste friche industrielle des Soufflantes, une ancienne emprise d’Usinor, abandonnée depuis des décennies. Avec une surface de 38 hectares, le terrain offrira l’espace nécessaire à un campus de haute technologie centré sur l’IA et les infrastructures numériques. Ce site a été identifié comme prioritaire dans le cadre du Projet de Territoire 2024-2044 piloté par la communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut.
Au-delà de sa dimension symbolique, cette reconversion traduit une stratégie nationale claire : redonner vie à des zones délaissées par l’industrie lourde en les transformant en moteurs de la transition numérique. L’implantation à Escaudain n’est pas le fruit du hasard. Selon La Gazette Nord-Pas-de-Calais, la proximité immédiate d’un poste électrique haute tension à Mastaing a pesé lourd dans la décision finale. Ce raccordement direct permettra d’alimenter un centre dont la puissance brute annoncée est de 700 MW, une capacité rare en France, comme le précise également 20 Minutes.
Une locomotive pour l’emploi local et les filières numériques
La promesse de ce data center dépasse largement l’enjeu technologique. Selon La Voix du Nord, 2.400 emplois directs et permanents sont prévus une fois le site totalement opérationnel. Toujours selon la même source, 2.000 salariés seront physiquement présents chaque jour sur le campus, preuve de la densité humaine du projet. Ces créations de postes toucheront des profils variés : techniciens de maintenance, ingénieurs réseau, opérateurs en sécurité informatique, logisticiens, et sans doute aussi des chercheurs spécialisés en IA.
Une telle concentration d’emplois dans le domaine des technologies numériques est inédite pour le bassin de Valenciennes. En transformant une friche industrielle en pôle d’innovation, ce campus jouera un rôle structurant dans l’économie locale. Les élus y voient une opportunité de “changer d’échelle”. Porté par le Projet de Territoire 2024-2044, le data center est présenté par La Gazette Nord-Pas-de-Calais comme un levier de transformation pour le bassin minier, avec l’ambition d’en faire un pôle d’innovation et de transition énergétique.
Un data center pour sécuriser les données et maîtriser l’IA en France
L’envergure du projet ne se limite pas à l’échelle locale. Il s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement de la souveraineté numérique. À l’heure où les géants de la tech dominent l’hébergement de données à l’échelle mondiale, la France cherche à s’émanciper de cette dépendance. Ce futur data center répond à cette ambition, avec une infrastructure pensée pour accueillir des charges massives liées à l’intelligence artificielle, aux modélisations, et aux traitements automatisés complexes. Le projet bénéficie de soutiens institutionnels significatifs. Toujours selon La Gazette Nord-Pas-de-Calais, il est inscrit dans les priorités de l’État via les programmes France 2030, SRADETT (Schéma régional d’aménagement) et le dispositif Fast Track, qui facilite l’implantation d’investissements industriels majeurs. Cela confirme son rôle stratégique pour l’ensemble du pays. Ce positionnement sur l’IA est fondamental.
Avec l’explosion des usages dans les secteurs de la santé, de l’énergie, des transports et des services, les besoins en capacité de calcul ne cessent de croître. Le futur campus d’Escaudain permettra d’héberger et de faire fonctionner des milliers de serveurs, tout en intégrant les contraintes de performance énergétique et de sécurité des données. Enfin, l’ambition est aussi territoriale. Ce “campus” ne sera pas un simple site technique isolé, mais un véritable écosystème numérique. Il pourrait intégrer à terme des centres de formation, des laboratoires R&D, voire des antennes de start-ups ou d’instituts spécialisés. En cela, Escaudain s’apprête à devenir l’un des nouveaux nœuds du maillage numérique national.

