À quelques semaines des achats de Noël, un groupe de parlementaires britanniques demande aux grandes plateformes de vente en ligne de retirer des jouets capables de discuter librement avec les enfants grâce à l’intelligence artificielle. Dans des courriers envoyés le 3 novembre 2026, les élus interpellent Amazon, eBay et le gouvernement britannique.
Leur demande ne signifie pas que ces jouets sont désormais interdits. Il s’agit d’un appel à suspendre les ventes en attendant des évaluations indépendantes portant notamment sur les risques psychologiques, le développement de l’enfant et la confidentialité des échanges, comme le rapporte Sky News.
Quand la conversation échappe au scénario prévu
Contrairement aux peluches qui diffusent quelques phrases enregistrées, certains jouets connectés utilisent des modèles conversationnels. Ils peuvent donc formuler une réponse nouvelle à une question imprévue. C’est précisément cette souplesse qui inquiète les élus : un enfant peut entendre des propos que les concepteurs n’avaient pas anticipés.
Dans un exemple examiné par les parlementaires, un jouet interrogé par un adulte sur un sujet sexuel a donné une réponse jugée inadaptée à un public enfantin. Cette démonstration ne prouve pas que tous les jouets à intelligence artificielle se comportent de la même manière. Elle souligne toutefois la difficulté de tester toutes les conversations possibles avant la mise sur le marché.
Amazon a indiqué examiner les protections appliquées à cette catégorie de produits et avoir engagé le retrait du jouet concerné pendant son enquête. eBay a assuré travailler avec les autorités de régulation sur les questions de sécurité émergentes. Aucune de ces réactions ne vaut interdiction de l’ensemble des jouets conversationnels.
Ce que les parents peuvent vérifier
Pour une famille française, cette controverse britannique n’établit pas qu’un jouet précis vendu en France est dangereux. Elle fournit néanmoins quelques questions concrètes avant l’achat : le jouet fonctionne-t-il hors ligne ? Enregistre-t-il la voix ? Transmet-il des conversations à un serveur ? Existe-t-il un contrôle parental, une politique de suppression des données et un âge minimum clairement indiqué ?
Le marquage CE et les avertissements d’âge restent importants pour la sécurité du produit, mais ils ne doivent pas être confondus avec une garantie absolue sur toutes les réponses d’un chatbot. Une démonstration en magasin ou une fiche commerciale ne suffit pas toujours à évaluer les comportements dans la durée.
Au Royaume-Uni, les élus souhaitent désormais que le gouvernement examine un encadrement spécifique avant les fêtes. La décision éventuelle des autorités reste à venir. Pour les parents, la distinction essentielle est celle entre un jouet qui suit un scénario fermé et un dispositif connecté susceptible de produire des réponses inédites.