Infirmier pendant 35 ans, il part à 59 ans et découvre le montant réel de sa retraite : beaucoup de soignants n’y croient pas

Après 41 ans de service, Christian partage son expérience poignante : une retraite amoindrie et des choix déchirants.

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Infirmier pendant 35 ans, il part à 59 ans et découvre le montant réel de sa retraite : beaucoup de soignants n'y croient pas
Infirmier pendant 35 ans, il part à 59 ans et découvre le montant réel de sa retraite : beaucoup de soignants n’y croient pas © Social Mag

Christian, ancien infirmier à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP), a passé quarante et un ans dans les couloirs de l’hôpital, raconte le magazine Marie-France. Son témoignage éclaire un sujet resté dans l’ombre une fois les projecteurs éteints : les conditions de départ à la retraite des soignants, ces mêmes professionnels qui recevaient des applaudissements à 20 heures pendant la crise sanitaire de la Covid-19. Ceux qui ont porté la « cape blanche » ont dû composer avec des défis économiques qui, eux, n’ont jamais fait la une.

Un parcours entièrement dédié à l’hôpital

Christian a 59 ans. Tout commence en 1977, par un job d’été dans les cuisines de l’hôpital où travaillait déjà sa mère. L’année suivante, il devient plongeur, puis agent en salle, aide-soignant, et enfin infirmier. Quatre décennies dans un métier que tout le monde reconnaît comme difficile n’ont pourtant pas simplifié sa sortie du système : la révision du statut en 2011 a changé la donne pour son départ à la retraite.

La réforme de 2011 et le choix entre deux statuts

Cette réforme a fait basculer une partie des infirmiers de la catégorie B, qui autorisait un départ anticipé pour pénibilité, vers la catégorie A, qui repousse l’âge de départ. Les diplômés d’avant 1996 ont dû trancher : rester en catégorie B ou basculer en A. Christian a gardé la catégorie B : « Je voulais conserver le choix de partir plus tôt », explique-t-il, avant d’ajouter : « ce n’est pas parce que l’on passe en classe A que la pénibilité n’existe plus ! »

Ce choix a un prix. Le traitement indiciaire brut de Christian atteignait 2 700 €, pour un salaire net de 2 500 € avant son départ. Ses primes, dont la prime Veil à 90 €, ajoutaient environ 500 € par mois, mais les charges en absorbaient l’essentiel.

Ce que donne la retraite et la sortie du monde du travail

Sa retraite tourne autour de 2 000 €, à laquelle s’ajoute depuis 2022 une retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) de 30 €. Il perd ainsi près de 650 € par mois, soit un quart de son ancien revenu. Un deuxième salaire dans le foyer atténue le choc, précise-t-il. Il a par ailleurs puisé dans son épargne-temps pour partir six mois plus tôt, en touchant son salaire plein durant cette période.

Rappelé brièvement en service pendant la crise du Covid, Christian y a trouvé confirmation qu’il avait fait le bon choix en s’arrêtant : « Physiquement et psychologiquement, je n’aurais pas pu continuer », confie-t-il.

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