A compter du 6 novembre, les françaises travailleront gratuitement

  • Publié le: vendredi 5 novembre 2021

Alors que les femmes françaises commencent à travailler gratuitement à partir de 15h35 le 6 novembre en raison de l’écart de rémunération entre les sexes dans le pays, certains pays européens s’attaquent de front aux disparités salariales.

Dans toute l’UE, les femmes sont payées en moyenne 16,2 % de moins que les hommes, ce qui signifie qu’elles travaillent gratuitement pendant près de deux mois par an.

La date à laquelle les femmes européennes commencent à travailler gratuitement est calculée selon l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes et varie d’un pays à l’autre. En moyenne, les femmes européennes ont commencé à travailler gratuitement le 3 novembre. Pour les femmes britanniques, ce jour tombe un peu plus tard, le 10 novembre.

Des groupes de françaises, dont la Fondation des Femmes et Les Glorieuses, font la promotion duhashtag #6Novembre15h35 sur Twitter pour marquer le moment et attirer l’attention sur l’écart salarial entre les sexes.

Le Forum économique mondial publie chaque année un Global Gender Gap Report, classant 144 pays selon la disparité entre les femmes et les hommes dans des secteurs tels que l’éducation, la santé, l’économie et la vie politique. Son rapport le plus récent a révélé que l’inégalité globale se réduit mais que les progrès ont ralenti : au rythme actuel, il faudra 100 ans pour combler l’écart entre les sexes, par rapport aux 83 ans estimés en 2016. L’écart économique entre les sexes reste le plus persistant et ne pas devrait pas être rattrapé avant 217 ans.

Prise en compte du travail non salarié

Les pays nordiques sont situés en tête, avec l’Islande, la Norvège, la Finlande et la Suède parmi les cinq premiers pays, rejoints par le Rwanda à la quatrième place.

L’un des principaux auteurs du rapport du Forum économique mondial, Till Leopold, a souligné qu’en s’attaquant à l’écart salarial, les politiques gouvernementales doivent prendre en considération les nombreuses heures consacrées au travail non rémunéré.

Les femmes « ont encore tendance à effectuer la majorité des travaux non rémunérés et ménagers« , a-t-il déclaré. « En moyenne, les hommes effectuent 34 % du travail non rémunéré que les femmes font. Et si l’on considère à la fois le travail rémunéré et non rémunéré, les femmes travaillent 42 minutes de plus par jour que les hommes ».

Pour cette raison, a-t-il déclaré, l’évolution des attitudes sociales sur un partage plus équitable des tâches au sein du ménage « a également un rôle important à jouer [dans] la réduction de l’écart de rémunération entre les sexes à l’échelle mondiale« .

Les rapports du Forum économique mondial ont également révélé que les pays dotés de politiques nationales sur le congé parental, les pauses à mi-carrière et le travail à distance « ont tendance à bien réussir » à combler l’écart de revenu.

L’offre de services publics de soins aux personnes âgées et de crèches pour les enfants de parents qui travaillent s’est également avérée efficace pour minimiser les disparités salariales.

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