Le 3 décembre 2025, l’agence nationale a confirmé que plusieurs régions de l’Hexagone sont entrées en phase épidémique, un signal d’alerte sanitaire rarement déclenché aussi tôt. Ce démarrage précoce, couplé à une circulation intense du virus dans toutes les tranches d’âge, préfigure une saison grippale potentiellement plus sévère que les précédentes.
L’épidémie démarre : trois régions déjà en phase critique
Dans son dernier bulletin hebdomadaire publié le 3 décembre 2025, Santé publique France a indiqué que l’Île-de-France, la Normandie et la Nouvelle-Aquitaine ont basculé en phase épidémique. L’agence précise que « la semaine achevée le 30 novembre est marquée par une nette augmentation des indicateurs (de la) grippe dans toutes les classes d’âge ».
Le reste du territoire métropolitain est actuellement en phase dite « pré-épidémique », à l’exception de la Corse, encore épargnée. En outre-mer, la situation s’aggrave également : la région de Mayotte est en pleine épidémie selon les données diffusées par Santé publique France. Ces signaux précoces confirment que la grippe a enclenché une dynamique rapide, bien avant les pics traditionnels de janvier-février.
Une circulation virale intense et tous âges confondus
L’épidémie actuelle est marquée par une forte circulation des virus grippaux de type A(H1N1), A(H3N2) et B/Victoria, observée dès la saison précédente. Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 14 octobre 2025, « la saison 2024-2025 a été caractérisée par une co-circulation des trois virus, une intensité élevée et un impact dans toutes les classes d’âge ». Les chiffres sont sans appel : 2 736 363 consultations pour syndrome grippal ont été recensées en ville, soit un taux cumulé de 4 087 pour 100 000 habitants, représentant environ 4 % de la population française.
Les jeunes enfants sont particulièrement touchés. Chez les moins de 5 ans, le taux d’incidence a atteint 9 415 pour 100 000, soit trois fois la moyenne observée habituellement (3 009 pour 100 000). Les 5-14 ans enregistrent un taux de 6 704, contre une moyenne historique de 3 851. Même les adultes et les personnes âgées sont concernés : 4 098 pour 100 000 chez les 15-64 ans (moyenne : 2 665), et 1 654 chez les 65 ans et plus (moyenne : 958). Ces données illustrent la généralisation de l’épidémie, bien au-delà des seuls groupes à risque.
Un début de saison sous haute surveillance
La rapidité de la propagation et l’ampleur des indicateurs laissent entrevoir une saison particulièrement virulente. « La grippe est en nette augmentation sur tout le territoire » confirme Santé publique France. Les trois régions déjà touchées pourraient annoncer un basculement rapide de l’ensemble du pays dans la phase épidémique. Les conditions hivernales, la reprise des activités en intérieur, les fêtes de fin d’année et une baisse générale des gestes barrières sont autant de facteurs aggravants.
La saison 2024-2025 avait déjà été d’une intensité inédite dans les hôpitaux français, une situation attribuée à un vaccin mal adapté et une couverture vaccinale insuffisante. Les experts de santé publique redoutent une situation similaire cette année, d’autant que la couverture vaccinale reste trop faible, notamment parmi les publics vulnérables. Les données de Santé publique France indiquent qu’en 2024-2025, moins de la moitié des personnes à risque avaient reçu le vaccin antigrippal, malgré les campagnes de prévention.
Une accumulation de facteurs favorables à la propagation
Cette intensification rapide de l’épidémie pourrait s’expliquer par plusieurs éléments. D’une part, la circulation simultanée de plusieurs souches du virus augmente les risques d’infections multiples et la charge virale globale. D’autre part, l’immunité collective reste faible après plusieurs années de circulation limitée de la grippe, notamment en raison des mesures sanitaires anti-Covid.
La baisse de l’immunité naturelle, conjuguée à une couverture vaccinale partielle et à l’arrêt progressif des gestes barrières crée un terrain particulièrement propice à la diffusion du virus. En parallèle, l’arrêt des campagnes de sensibilisation massive et le relâchement des politiques de santé publique sur le terrain pourraient également expliquer cette résurgence.







