Le cancer est devenu, au fil des années, l’un des défis majeurs pour les systèmes de santé. Le 25 septembre 2025, un rapport du Global Burden of Disease (GBD) a souligné que le nombre de morts par cancer pourrait atteindre 18,6 millions en 2050, contre 10,4 millions en 2023. Cette projection s’inscrit dans une tendance où la santé publique mondiale se heurte à la combinaison d’un vieillissement démographique et d’une exposition accrue aux facteurs de risque.
Une progression rapide et continue du cancer
En un peu plus de trente ans, le nombre de nouveaux cas de cancer a plus que doublé, passant à 18,5 millions en 2023. Dans le même temps, les morts ont augmenté de 74 %, atteignant 10,4 millions de décès. Selon le rapport, la dynamique va se poursuivre : 30,5 millions de personnes pourraient être diagnostiquées en 2050, et 18,6 millions en mourraient, ce qui représenterait une hausse de 75 % des décès liés au cancer.
Les chercheurs précisent que « les principaux facteurs à l’origine de ces augmentations sont le vieillissement de la population et la croissance démographique », a indiqué Lisa Force, première auteure de l’étude citée par Le Monde. Ainsi, la transition démographique pèse lourdement sur la progression de la maladie, qui reste la deuxième cause de mortalité mondiale derrière les pathologies cardio-vasculaires.
Des facteurs de risque modifiables, mais persistants
Si l’avancée de l’âge est inévitable, près de 41,7 % des morts par cancer en 2023 étaient « attribuables à des facteurs de risque potentiellement modifiables » selon l’analyse publiée par Le Monde. Parmi eux figurent la consommation de tabac, d’alcool, l’alimentation déséquilibrée ou encore l’exposition à certaines pollutions environnementales. Le constat est sans appel : la santé publique pourrait réduire une part significative de la mortalité en ciblant ces comportements.
Pourtant, malgré les campagnes de prévention, ces facteurs demeurent très présents. Comme l’a résumé la chercheuse Lisa Force dans une déclaration relayée par Futura-Sciences : « Le cancer demeure un facteur important de la charge de morbidité mondiale et notre bilan souligne qu’il devrait connaître une croissance substantielle au cours des prochaines décennies ». Cette alerte scientifique traduit l’urgence d’intensifier les politiques de prévention.
Une charge économique et sanitaire mondiale en expansion
L’impact attendu du cancer ne se limite pas aux vies perdues. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que plus de 35 millions de nouveaux cas de cancer pourraient être diagnostiqués en 2050, contre environ 20 millions en 2022. Le fardeau économique risque d’être colossal, avec une demande accrue en traitements, infrastructures hospitalières et personnel médical. À titre de comparaison, une analyse publiée dans JAMA Network Open prévoit que le nombre de décès mondiaux par cancer passerait de 9,7 millions en 2022 à près de 18,5 millions en 2050, soit une augmentation de 89,7 %.
Chez les hommes, le chiffre grimperait de 5,4 millions à 10,5 millions, ce qui correspond à une hausse de 93 % selon l’American Cancer Society. Ces projections soulignent que la pression budgétaire sur les systèmes de santé sera massive et inévitable, dans un contexte où le cancer représente déjà un coût social et économique majeur.

