La question de la maîtrise de l’orthographe au baccalauréat 2026 en France a débuté sur fond de tensions entre les déclarations du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et la façon dont les correcteurs ont réellement appliqué les consignes. Les dernières épreuves orales se sont achevées le mercredi 1er juillet, mais le débat sur l’application des nouvelles directives se poursuit.
Le ministre a mis la barre plus haut
Au printemps, Édouard Geffray a voulu durcir les exigences sur la langue et la rédaction au bac. Il a annoncé la mise en place de « consignes données au niveau national » et déclaré que les élèves rendant des copies mal rédigées « ne peuvent pas avoir le bac ». Son objectif : modifier le rapport à la langue tout au long de la scolarité. La traduction concrète de ces directives a suscité de nombreuses critiques.
Ce que disent les enseignants et inspecteurs
Alors que le ministère insistait sur des consignes nationales, Éric Nicollet, inspecteur de l’Éducation nationale et membre du syndicat SUI-FSU, a expliqué que la correction s’est déroulée « comme d’habitude », sans « durcissement » réel, rapporte franceinfo. Il a qualifié les propos ministériels de « sans doute hasardeux » et parlé plutôt d’un « discours populiste ». Des barèmes tiennent déjà compte de l’orthographe, rappelle-t-il, et une consigne existe pour ne pas accorder la moyenne à une copie incompréhensible.
Sur le terrain, ça n’a pas changé
Des enseignants de plusieurs académies confirment que les consignes discutées lors des réunions d’entente académiques n’ont pas bougé par rapport aux années précédentes. François Tessier, professeur d’histoire-géographie dans le Cher et membre du syndicat SNALC, a déclaré : « On nous dit d’être vigilants sur la maîtrise de la langue, comme les autres années, et de ne sanctionner vraiment que des copies qui seraient difficilement compréhensibles. »
Des divergences qui ressortent
Au-delà de l’écart entre la communication ministérielle et son application, plusieurs inspecteurs et enseignants, dont Jérôme Fournier du SE-Unsa, ont relevé l’absence de changement dans les pratiques de correction. Fournier a reproché au ministère son manque d’anticipation et rappelé l’impossibilité « de changer les règles de correction à trois semaines ou à un mois d’un examen ». Toute évolution des standards éducatifs se prépare en amont, pas dans les dernières semaines avant l’épreuve.
Et après : la suite
Pendant que les résultats du bac 2026 sont attendus, Édouard Geffray a déclaré qu’il tirera « toutes les conséquences » si ses consignes n’ont pas été suivies. Reste à concilier des attentes élevées en matière de rigueur orthographique avec des pratiques pédagogiques déjà installées et variables d’une académie à l’autre.



