Recherche publique : les effectifs augmentent, mais les contrats non permanents gagnent du terrain

Les principaux organismes publics de recherche comptaient 92 320 personnels de R&D fin 2025, soit 2,2 % de plus en un an. Une étude ministérielle montre que cette croissance s’accompagne d’une hausse particulièrement rapide des chercheurs en contrat non permanent et d’une féminisation qui marque le pas.

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Recherche publique : les effectifs augmentent, mais les contrats non permanents gagnent du terrain © Social Mag

Les organismes publics de recherche français continuent de recruter, mais la composition de leurs effectifs évolue. Selon la note statistique du ministère de l’Enseignement supérieur diffusée le 29 octobre 2026, les 20 principaux organismes de recherche employaient 92 320 personnes en recherche et développement fin 2025, chercheurs et personnels de soutien confondus. C’est une hausse de 2,2 % sur un an, après 2,7 % en 2024.

Cette progression ne signifie pourtant pas que tous les emplois créés soient permanents. Les données font apparaître une augmentation particulièrement vive des chercheurs recrutés sur des contrats à durée limitée, tandis que la part des personnels non permanents poursuit sa hausse dans les établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST).

Les chercheurs progressent plus vite que les effectifs totaux

Dans les organismes étudiés, le nombre de chercheurs, doctorants compris, atteint 58 370 personnes, en hausse de 3,4 %. Les seuls chercheurs hors doctorants sont 49 470, soit 3,2 % de plus qu’en 2024. Les doctorants financés sont 8 900, avec une progression de 4,9 % sur un an, après 5,5 % l’année précédente.

Les évolutions diffèrent selon les structures. Les six EPST, catégorie qui comprend notamment de grands organismes de recherche, enregistrent une hausse de 2,8 % de leur emploi total de R&D. Elle est de 0,9 % dans les douze établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) étudiés, et de 2,7 % pour les instituts Pasteur de Paris et Curie. Ces catégories ont des missions et des modalités d’emploi distinctes : leurs taux ne peuvent pas être assimilés à une mesure unique de l’emploi scientifique dans toutes les universités françaises.

Plus d’un emploi sur quatre est non permanent dans les EPST

Le changement le plus sensible concerne la nature des contrats. La note Flash n° 27 du service statistique ministériel indique que les effectifs de chercheurs non permanents progressent de 12,2 % dans les EPST et de 17,8 % dans les EPIC en 2025. Cette catégorie comprend notamment les chercheurs en CDD, les contrats de projet et les contrats postdoctoraux.

Dans les six EPST, 26,3 % des personnels de R&D hors doctorants sont désormais non permanents, contre un point bas de 20,3 % en 2019. La proportion atteint 25,0 % parmi les chercheurs hors doctorants et 27,9 % parmi les personnels de soutien. Dans les EPIC, la part des personnels non permanents s’établit à 13,9 %, soit 1,1 point de plus en un an.

Pour les personnes envisageant une carrière scientifique, ces chiffres décrivent une réalité contrastée : davantage de postes et de possibilités de recherche, mais aussi une place croissante des contrats qui ne garantissent pas un emploi durable. L’étude ne mesure ni la durée moyenne de ces contrats, ni leur taux de renouvellement, ni le devenir professionnel des personnes concernées. Elle ne permet donc pas d’affirmer que chaque recrutement supplémentaire se traduit par une dégradation individuelle des conditions d’emploi.

La place des femmes reste presque inchangée

Les femmes représentent 45,9 % de l’ensemble des personnels de recherche étudiés, une proportion pratiquement stable depuis 2023. Leur présence varie fortement selon les fonctions : 38,3 % des chercheurs hors doctorants, 43,9 % des doctorants et 57,3 % des personnels de soutien sont des femmes.

La progression à long terme est réelle, mais lente : depuis 2014, la part des femmes a gagné 3,1 points parmi les chercheurs et 2,9 points parmi les doctorants. Les écarts entre catégories rappellent que la féminisation globale d’un établissement ne suffit pas à décrire l’accès aux différentes fonctions scientifiques.

Des départs à la retraite stabilisés

La note recense également 1 560 départs à la retraite de personnels permanents en 2025 dans les organismes retenus pour cette mesure, presque autant qu’en 2024. Ils représentent environ 2,5 % des effectifs permanents. En ajoutant les autres départs définitifs, le taux atteint 3,3 %.

Le ministère précise que la méthode de collecte a évolué à partir de l’année 2024, avec le recours à l’enquête R&D auprès des administrations et une rétropolation des séries antérieures. Ces précautions comptent pour les comparaisons historiques. La photographie de 2025 demeure néanmoins nette : les organismes de recherche gagnent des effectifs, tandis que la question de la stabilité des emplois scientifiques prend davantage de place dans leur structure de recrutement.

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