Le projet de budget italien pour 2027 prévoit de réduire les effectifs de l’école de 4 925 enseignants et 2 049 autres agents à partir de 2027-2028. Cette décision, contestée par les syndicats, éclaire un choix auquel la France est également confrontée : que faire des moyens scolaires lorsque le nombre d’élèves diminue ?
En Italie, la baisse de la natalité se traduit désormais par un arbitrage budgétaire très concret. Le gouvernement de Giorgia Meloni, qui a approuvé son projet de budget 2027 le 28 octobre, prévoit une réduction de 6 974 postes dans l’enseignement public à compter de l’année scolaire 2027-2028. Le détail des mesures a été rapporté le 2 novembre par Reuters, qui cite le texte budgétaire et les réactions des représentants de l’éducation.
En Italie, près de 7 000 postes en moins à partir de 2027-2028
La réduction annoncée se décompose en 4 925 postes d’enseignants et 2 049 postes de personnels non enseignants. Le projet introduit également une limite au remplacement des agents publics partant à la retraite : les nouvelles embauches ne pourraient représenter que 75 % de ces départs. Selon les estimations gouvernementales reprises par Reuters, cette dernière mesure permettrait d’économiser 336 millions d’euros sur 2027 et 2028.
Ces dispositions restent celles d’un projet de loi de finances, et non de suppressions déjà appliquées dans les établissements. Elles prolongeraient des réductions décidées dans un précédent budget. Le gouvernement met en avant des contraintes de finances publiques, dans un pays où la population scolaire diminue durablement.
Les chiffres donnent la mesure de cette évolution : l’Italie comptait environ 8,4 millions d’élèves dans le primaire et le secondaire en 2017-2018, contre 7,7 millions en 2024-2025. Les organisations syndicales et des représentants de chefs d’établissement défendent une autre utilisation de cette baisse : réduire les effectifs par classe et améliorer les conditions d’enseignement. Le désaccord porte donc autant sur la qualité de l’école que sur le nombre d’emplois publics.
Une question qui se pose aussi aux écoles françaises
La France connaît une dynamique démographique comparable, même si les décisions budgétaires ne sont pas identiques. Dans ses projections publiées le 8 avril 2026, le ministère de l’Éducation nationale estime que les établissements publics et privés sous contrat pourraient accueillir près de 1,7 million d’élèves de moins d’ici 2035, soit une diminution de 14,2 %.
Le recul est déjà visible : le ministère a fait état de 161 000 élèves de moins à la rentrée 2026. Dans le même temps, la France a annoncé pour son budget scolaire 2026 près de 5 900 emplois supplémentaires par rapport à 2025, avec l’objectif affiché de renforcer l’encadrement et les conditions d’apprentissage. Il s’agit d’un choix français distinct de celui présenté à Rome.
Moins d’élèves : fermer des postes ou alléger les classes ?
Le nombre total d’élèves ne suffit pas, à lui seul, à déterminer les besoins de chaque école. La répartition territoriale, la taille des classes, l’accompagnement du handicap et les difficultés de recrutement peuvent évoluer différemment. En France, les projections ministérielles font apparaître des écarts importants entre départements, ce qui complique toute réponse uniforme.
L’arbitrage italien met ainsi en évidence deux usages possibles du dividende démographique : réduire la dépense de personnel ou conserver une partie des moyens pour améliorer le suivi des élèves. Le projet doit encore franchir les étapes parlementaires en Italie. Son examen intéresse aussi les familles et les personnels français, au moment où le recul des naissances transforme progressivement la carte scolaire.
