À partir du mardi 3 novembre 2026, les élèves mexicains du primaire et du secondaire devront laisser leur téléphone rangé pendant la journée scolaire, récréations comprises. Le gouvernement de Claudia Sheinbaum entend limiter les distractions numériques et favoriser les relations entre enfants. Mais l’application de cette règle ouvre une discussion sensible : comment préserver les communications d’urgence entre les familles et les établissements ?
Une restriction qui s’étend aux cours et aux récréations
Le ministère mexicain de l’Éducation a précisé, dans un communiqué du 27 octobre, que les nouvelles directives concernent les écoles publiques et privées de l’enseignement de base, c’est-à-dire le primaire et le secondaire. Les appareils restent soumis à des restrictions pendant les cours comme pendant les pauses.
Le cadre prévoit des exceptions, notamment pour les urgences, certains besoins particuliers et les activités pédagogiques organisées par les enseignants. Les établissements de niveau supérieur au secondaire disposent d’une marge pour définir leurs propres règles ; l’enseignement supérieur est, lui, orienté vers un usage responsable.
La décision nationale avait été annoncée en septembre. Sa mise en œuvre a été préparée avec les autorités éducatives des 32 États mexicains et des consultations d’enseignants. Le gouvernement met en avant la concentration, la vie collective et les échanges directs dans les cours de récréation.
La sécurité des enfants, point de friction avec les familles
Dans un reportage publié le 2 novembre, l’Associated Press rapporte les réserves de parents qui souhaitent conserver un contact immédiat avec leurs enfants, notamment dans des régions confrontées à la violence. Le média évoque des inquiétudes renforcées par des tirs ayant touché un autobus transportant des lycéens dans l’État de Sinaloa.
Cette objection porte sur l’organisation concrète des urgences : qui avertit les familles, comment les élèves peuvent-ils demander de l’aide et comment l’établissement garantit-il une réponse rapide ? Le texte mexicain ménage des exceptions, mais leur efficacité dépendra des procédures mises en place dans chaque école.
En France, un cadre déjà étendu jusqu’au lycée
Le débat a un écho direct pour les parents français. En France, l’usage des téléphones est déjà interdit à l’école et au collège, et le ministère de l’Éducation nationale indique que l’interdiction a été étendue aux lycées à la rentrée 2026. Le dispositif « Portable en pause » organise la mise à l’écart des appareils dans les établissements concernés.
La comparaison est instructive : dans les deux pays, les autorités cherchent à limiter la place des écrans pendant le temps scolaire. Les modalités de rangement, les dérogations et la communication avec les familles sont cependant des questions pratiques essentielles, auxquelles chaque établissement doit répondre.
Un changement de vie scolaire plus qu’une mesure technique
Pour les élèves, la restriction touche aussi les moments informels de la journée : discuter, jouer, attendre le prochain cours sans consulter un écran. Pour les enseignants et les parents, elle suppose des règles compréhensibles, connues à l’avance et applicables sans ambiguïté.
L’expérience mexicaine sera observée à travers ses effets sur la vie quotidienne des établissements et sur la confiance des familles. À ce stade, les objectifs avancés par les autorités relèvent d’une politique éducative ; leur réalisation devra être appréciée à partir de résultats constatés, et non présumés.
