Inass Touloub : 39 ans après sa mort, le procès de ses parents s’ouvre ce lundi

La cour d’assises du Loir-et-Cher doit juger à partir du 2 novembre les parents d’Inass Touloub, fillette retrouvée morte en 1987 et identifiée des décennies plus tard grâce à une piste génétique. Ce procès très attendu interroge aussi la durée des enquêtes criminelles et la place des associations de protection de l’enfance.

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Inass Touloub : 39 ans après sa mort, le procès de ses parents s’ouvre ce lundi © Social Mag

La cour d’assises du Loir-et-Cher doit ouvrir, lundi 2 novembre, le procès des parents d’Inass Touloub, dont le corps avait été retrouvé en 1987 au bord de l’autoroute A10. Longtemps privée d’identité, la fillette a pu être identifiée grâce à une comparaison génétique. L’audience, annoncée jusqu’au 18 novembre, place au cœur des débats les violences reprochées aux accusés et le travail de longue haleine des enquêteurs.

Le procès d’Inass Touloub, âgée de quatre ans lors de sa mort, doit commencer à 9 h 30 à Blois. Sa mère, Halima El Bakhti, 72 ans, comparaît pour torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ; son père, Ahmed Touloub, 74 ans, est poursuivi pour complicité. Tous deux contestent leur responsabilité dans les violences mortelles et bénéficient de la présomption d’innocence. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité, selon les informations de l’AFP publiées le 2 novembre.

Inass Touloub : une identité retrouvée après trois décennies

Le 11 août 1987, deux agents autoroutiers découvrent le corps de la fillette dans un fossé près de Suèvres. Malgré une mobilisation considérable et la diffusion de son portrait, son identité reste inconnue pendant plus de trente ans. Le dossier devient l’un des plus anciens crimes non élucidés suivis en France.

La percée intervient lorsqu’un prélèvement génétique effectué sur un membre de sa fratrie dans une autre procédure révèle une correspondance avec des traces conservées dans l’enquête. Les investigations permettent d’identifier Inass et de retrouver ses parents en 2018. La conservation des éléments matériels et l’exploitation de l’ADN ont ainsi donné une nouvelle perspective judiciaire à une affaire longtemps bloquée, comme le retrace RTL dans son récit de la procédure.

Pourquoi le procès intervient-il seulement en 2026 ?

Après les interpellations de 2018, les contestations procédurales et les recours contre la mise en accusation ont prolongé le dossier. En septembre 2024, la Cour de cassation a ouvert la voie à sa tenue. L’organisation de l’audience a ensuite mobilisé d’importants moyens matériels et humains, compte tenu de son ancienneté, du nombre de parties et de l’attention qu’elle suscite.

Selon le Journal spécial des sociétés, qui a recueilli les explications des magistrats chargés de préparer l’audience, plusieurs associations de protection de l’enfance figurent parmi les parties civiles, aux côtés de membres de la famille. Le procès devra examiner les accusations à partir des éléments du dossier et des débats contradictoires, près de quatre décennies après les faits.

Une affaire suivie par les défenseurs de l’enfance

Au-delà de l’identification tardive de la victime, cette procédure rappelle l’importance de préserver les preuves et de maintenir la possibilité de réexaminer des dossiers anciens. Pour les associations engagées dans la protection des enfants, l’audience représente également l’occasion de faire entendre la place de la victime dans un dossier resté longtemps sans réponse.

L’association Enfance et partage, partie civile, a notamment défendu la nécessité d’une audience dans cette affaire. Son engagement s’inscrit dans une démarche de reconnaissance de la victime et de suivi judiciaire, tandis que la cour d’assises devra se prononcer sur la responsabilité pénale de chacun des accusés. Les débats sont programmés jusqu’au 18 novembre.

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