À la veille du vote du 3 novembre, les opposants à la taxe californienne sur les milliardaires ont consacré environ 148 millions de dollars à la publicité, selon une enquête du Washington Post publiée le 2 novembre. Le scrutin doit trancher une question sociale majeure : financer les soins de santé par un prélèvement exceptionnel sur les plus grandes fortunes.
La Californie vote mardi 3 novembre 2026 sur une taxe exceptionnelle visant les patrimoines dépassant un milliard de dollars. À quelques heures du scrutin, l’ampleur des moyens engagés contre cette mesure est devenue un sujet à part entière : selon une enquête publiée le 2 novembre par le Washington Post, les opposants ont consacré quelque 148 millions de dollars à la publicité, contre environ 572 000 dollars pour les partisans de la taxe. Le rapport dépasse 250 pour un.
Que prévoit la taxe sur les milliardaires en Californie ?
La proposition 40 soumise aux électeurs prévoit un prélèvement unique de 5 % sur le patrimoine net des personnes qui résidaient en Californie au 1er janvier 2026 et possédaient plus d’un milliard de dollars. Les actifs concernés comprennent notamment les actions et participations d’entreprises ; l’immobilier et certains avoirs de retraite sont exclus du calcul. Le paiement serait dû en 2027, avec une possibilité d’étalement plus coûteuse.
Selon le guide officiel des électeurs de Californie, 90 % des recettes seraient affectées aux soins de santé publics. Le reste financerait notamment l’éducation, l’aide alimentaire et l’administration du dispositif. La mesure est soutenue par un syndicat de salariés du secteur sanitaire, le SEIU-United Healthcare Workers West, qui entend compenser les pressions financières pesant sur la couverture des ménages modestes.
Une campagne publicitaire aux moyens profondément inégaux
Le Washington Post estime que les groupes opposés à la mesure et les campagnes liées ont levé plus de 379 millions de dollars. Il distingue ces fonds collectés des quelque 148 millions effectivement dépensés en publicité. Ces montants ne doivent pas être confondus avec les seules contributions déclarées aux comités officiellement constitués pour ou contre la proposition 40 : le périmètre des campagnes étudiées est plus large.
Les adversaires du projet, parmi lesquels figurent des entrepreneurs et investisseurs de la Silicon Valley, mettent en avant le risque de départ de contribuables très fortunés et de perte de recettes fiscales futures. Les défenseurs du prélèvement soutiennent qu’une contribution exceptionnelle des patrimoines les plus élevés permettrait de préserver des services essentiels.
La synthèse officielle du procureur général de Californie retient une hausse temporaire des recettes publiques pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars, mais aussi la possibilité d’une baisse durable des impôts sur le revenu collectés auprès des milliardaires. Le rendement final dépendrait notamment des valorisations patrimoniales, des comportements des contribuables et d’éventuels recours juridiques.
Le financement de la santé au cœur du vote
Le programme Medi-Cal assure la couverture sanitaire de nombreux Californiens aux revenus modestes. Le débat dépasse donc la seule fiscalité des grandes fortunes : il oppose deux visions de la manière de protéger les services collectifs, entre prélèvement exceptionnel et préservation de l’attractivité fiscale de l’État.
Pour le public français, ce vote offre un point de comparaison concret avec les discussions sur l’imposition du patrimoine et le financement de la protection sociale. Les règles californiennes et françaises diffèrent profondément, mais les questions de rendement, de mobilité des contribuables et d’affectation des recettes aux services publics traversent les deux débats.
Le résultat du 3 novembre dira si les électeurs approuvent la proposition 40. D’autres propositions inscrites au même scrutin pourraient également affecter sa mise en œuvre : l’issue juridique ne dépendra donc pas seulement du nombre de voix recueillies en sa faveur.
