Allemagne : les grèves gagnent l’industrie, 3,7 millions de salariés concernés par les négociations

Les débrayages ont commencé le 1er novembre dans la métallurgie et l’industrie électrique allemandes. IG Metall réclame 5 % d’augmentation, tandis que les employeurs proposent 1,3 % à partir de 2028. Un conflit social à suivre pour l’industrie européenne.

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Allemagne : les grèves gagnent l’industrie, 3,7 millions de salariés concernés par les négociations © Social Mag

En Allemagne, les salariés de la métallurgie et de l’industrie électrique ont commencé des débrayages le 1er novembre 2026. Le syndicat IG Metall réclame une hausse de salaire de 5 % et des garanties sur l’emploi, dans une négociation qui concerne environ 3,7 millions de travailleurs. Le mouvement doit s’étendre à de nombreux sites industriels cette semaine.

Des arrêts de travail dans l’automobile, les métaux et l’électronique

Les premières actions ont démarré à minuit, à l’expiration de la période pendant laquelle les grèves étaient exclues par les règles de la négociation collective. Des salariés de Thyssenkrupp Rasselstein, à Andernach, ont cessé temporairement le travail. D’autres débrayages ont été signalés chez l’équipementier KSM Castings à Hildesheim et chez RF360 à Munich, selon la télévision publique allemande ARD.

Le syndicat prévoit une montée en puissance. Sur son site consacré à la négociation 2026, IG Metall évoque des débrayages programmés dans plus de 2 000 établissements d’ici la fin de la semaine. Ce chiffre désigne des actions prévues, et non un nombre de sites déjà paralysés. Les 3,7 millions de salariés correspondent au périmètre de la négociation, pas au nombre de grévistes.

5 % réclamés, 1,3 % proposés à partir de 2028

Le désaccord porte autant sur le calendrier que sur le montant. IG Metall demande une augmentation de 5 % sur douze mois, des protections conventionnelles pour les emplois et les sites, ainsi qu’une participation aux bénéfices dans les entreprises les plus prospères.

Selon son communiqué du 30 octobre, l’offre patronale prévoit une somme ponctuelle en juillet 2027, modulable selon la situation de l’entreprise, puis une augmentation de 1,3 % des salaires à partir de juillet 2028, dans le cadre d’un accord de 26 mois. Le syndicat juge cette proposition insuffisante pour préserver le pouvoir d’achat.

Les représentants des employeurs mettent en avant les coûts de production et la situation difficile de plusieurs branches, particulièrement l’automobile. Reuters souligne que le conflit salarial se déroule dans un secteur déjà fragilisé par la crise automobile. Les deux parties abordent ainsi la même négociation avec des priorités différentes : maintien du revenu et de l’emploi pour les syndicats, maîtrise des coûts et compétitivité pour les entreprises.

Pourquoi cette mobilisation concerne aussi la France

L’Allemagne est un partenaire industriel majeur de la France. Constructeurs automobiles, équipementiers, fabricants de machines et fournisseurs de composants travaillent au sein de chaînes de valeur européennes étroitement liées. L’évolution des coûts salariaux et de la production outre-Rhin est donc un indicateur important de la situation sociale et économique de l’industrie européenne.

Les débrayages annoncés sont temporaires et localisés : leur existence ne suffit pas à établir des perturbations chez les entreprises françaises. Leur portée immédiate est d’abord sociale. Ils mettent en lumière une question commune aux deux pays : comment protéger le pouvoir d’achat des salariés tout en préservant l’activité et les emplois dans les secteurs soumis à une forte concurrence internationale ?

La suite dépendra des négociations régionales entre IG Metall et les organisations patronales. D’ici là, les arrêts de travail doivent se multiplier dans les usines allemandes, avec des modalités et des durées variables selon les établissements.

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