Avec un livret A plafonné à 1,7 % depuis cet été, les Français se tournent vers des alternatives capables de préserver leur pouvoir d’achat. Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) séduisent par des rendements nettement supérieurs, dans un contexte où la pierre-papier cherche à reconquérir sa place auprès des épargnants.
Un livret A en perte de vitesse face aux SCPI
Depuis le 1ᵉʳ août, le livret A ne rapporte plus que 1,7 %, selon la Centrale des SCPI. Ce taux, légèrement supérieur à l’inflation récente estimée entre 0,9 % et 1,2 % selon l’INSEE, reste cependant trop faible pour constituer un placement réellement attractif face aux alternatives. En parallèle, le rendement moyen des SCPI s’est établi à 4,72 % en 2024, d’après Meilleurtaux Placement, soit près de trois fois plus. Cette tendance se poursuit en 2025 avec une moyenne attendue autour de 4,3 %.
Les investisseurs arbitrent logiquement leurs choix. Au premier semestre 2025, la collecte brute des SCPI a atteint 2,6 milliards d’euros, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente, indique LCL Banque Privée. Dans le même temps, la collecte nette a progressé de 29 % pour s’établir à 2,2 milliards d’euros. Ce dynamisme témoigne d’un retour de confiance, alors que la pierre-papier avait souffert en 2023 d’une baisse des valorisations.
Des rendements différenciés, mais parfois spectaculaires
L’écart avec le livret A s’illustre aussi dans les SCPI les plus récentes. Plusieurs d’entre elles, lancées après 2020, visent des performances supérieures à 7 %, selon La Tribune. Cashbee souligne même des objectifs cibles de 6 % à 8 %, avec une moyenne proche de 6,8 %. Certaines structures affichent des ambitions encore plus élevées, certaines dépassant ponctuellement 9 %. Cette perspective alimente l’engouement, mais appelle à la prudence.
Louis Legasse, expert cité par Le Point, rappelle que « le taux de distribution est calculé en divisant les dividendes versés par le prix de part au 1ᵉʳ janvier ». Ainsi, une baisse du prix de part – en moyenne de 3,7 % au premier semestre 2025, selon LCL Banque Privée, peut mécaniquement gonfler le rendement apparent. Les épargnants doivent donc évaluer la solidité des actifs et la stratégie de gestion avant d’investir.
Des SCPI plus visibles malgré un déficit de notoriété
La montée en puissance des SCPI ne se limite pas aux rendements affichés. Selon LCL Banque Privée, 61 % des sociétés ont maintenu ou augmenté leur distribution au premier semestre 2025, et 40 % d’entre elles ont même enregistré une progression moyenne de 4 %. Ces signaux positifs contrastent avec le recul observé en 2023 et participent au retour de l’intérêt des particuliers. Pourtant, les SCPI souffrent encore d’un déficit de notoriété.
Une enquête menée par Primaliance révèle que seulement 27 % des Français connaissent réellement ce placement. L’ordonnance n° 2024-662, adoptée en juillet 2024, a néanmoins apporté un cadre plus favorable et devrait, selon Meilleurtaux Placement, « gagner en attractivité auprès des investisseurs cette année ». Les nouveaux acteurs lancés après 2020 surfent sur cet environnement réglementaire et financier pour séduire les épargnants à la recherche d’alternatives au livret A.


