Les récents constats sur l’enseignement supérieur privé à but lucratif inquiètent en France. Un rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) fait le point sur ce secteur en forte croissance. Rapporté par le 20 Minutes, il pointe des défaillances structurelles, avance des pistes de réforme et interroge la viabilité du modèle économique en place.
Ce que révèlent les structures et la qualité des formations
La mission a été confiée en mai 2025 et ses conclusions rendues publiques le vendredi 26 juin 2026. Elle portait sur l’usage des fonds publics et la qualité des formations. Le rapport relève des fragilités chez de gros acteurs comme Galileo Global Education et le Collège de Paris. Galileo est adossé à un fonds de pension public canadien ; le Collège de Paris, lui, repose sur les apports de ses fondateurs et sur des fonds d’investissement.
Ces établissements ont été contrôlés après les révélations du livre « Le Cube », de la journaliste Claire Marchal, qui a relancé le débat sur la transparence et le sérieux de ces écoles.
Ce qui cloche et les dérives financières
Les auteurs du rapport alertent : d’autres faillites d’universités privées sont possibles, avec des conséquences pour un secteur qui compte 400 000 étudiants, soit 15 % de l’ensemble des étudiants en France. En cause, une croissance financée par un fort endettement et des objectifs de rentabilité qui fragilisent les établissements.
Le rapport épingle aussi des faiblesses pédagogiques, des promesses d’insertion professionnelle non tenues et des frais de scolarité qui peuvent grimper jusqu’à 10 000 € par an. D’autres pratiques sont mises en cause :
- réservations non remboursables,
- réduction du volume horaire de cours,
- classes surchargées : autant d’éléments qui dégradent la qualité de l’enseignement et nourrissent la colère des étudiants.
Les recommandations et la réaction politique
Le rapport formule 32 recommandations pour réformer le secteur. Il propose notamment d’interdire les labels trompeurs « bachelor » et « mastère », et d’imposer aux écoles des dispositifs qui assurent la continuité des études en cas de fermeture. Ces propositions ont été bien accueillies par le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui dit vouloir « écarter les voyous en col blanc » (ses termes). Il vise un projet de loi bouclé d’ici septembre.
Le texte plaide aussi pour la publication des résultats d’insertion professionnelle et pour un renforcement des évaluations, afin de regagner la confiance des étudiants et de leurs familles.
Ce que ça change pour les étudiants et le secteur
Les 400 000 étudiants concernés doivent composer avec plusieurs risques : une vitrine commerciale trompeuse et un accompagnement limité pour s’orienter dans un système aux repères flous. Le rapport prévient : « les défaillances d’établissements devraient se poursuivre dans les prochains mois. » Il appelle à réagir vite pour ne pas aggraver la crise.
Le secteur public est appelé à se mobiliser et à proposer des solutions concrètes pour protéger ces étudiants des soubresauts du marché privé lucratif.
Le rapport rouvre le débat sur la place de l’enseignement privé à but lucratif en France et sur ses conséquences pour l’avenir de l’éducation. Il rappelle le besoin d’une réforme du système éducatif.


