L’épargne salariale revient sur le devant de la scène politique avec une proposition qui pourrait plaire aux salariés. Début 2026, l’idée est de permettre aux employés de débloquer une partie de leur épargne salariale sans subir d’impôt supplémentaire, ce qui pourrait donner un peu d’air au pouvoir d’achat des ménages. Dans un contexte de tensions financières persistantes, cette mesure vise à soutenir la consommation tout en allégeant les finances personnelles.
Une proposition de loi qui veut bousculer les règles
La députée Sylvie Bonnet a déposé une proposition autorisant le déblocage immédiat de l’épargne salariale. Selon le projet, en 2026 les salariés pourraient demander à retirer jusqu’à 50 000 € pour certains achats ciblés, à condition de justifier ces dépenses. En règle générale, l’épargne salariale, issue des primes de participation et d’intéressement versées par les entreprises, est placée sur un plan d’épargne entreprise avec une durée de blocage de cinq ans. Aujourd’hui, elle fonctionne comme une tirelire forcée mais peut être débloquée dans des cas de vie précis, comme un mariage ou l’achat d’un logement.
La députée souhaite donner plus de souplesse aux salariés, en leur permettant de débloquer ces fonds pour l’achat de véhicules, la réalisation de travaux, ou d’autres biens et services définis. L’idée séduit mais les modalités divisent : tout n’est pas encore tranché.
Ce que ça change côté fiscal et règles
Un des points attractifs de la proposition concerne la fiscalité : les sommes débloquées resteraient exonérées d’impôt sur le revenu, ce qui représente une forme d’optimisation fiscale. En revanche, les prélèvements sociaux comme la CSG et la CRDS sur les plus-values continueraient de s’appliquer. Cette invariance fiscale a déjà poussé des salariés, lors de mesures similaires antérieures, à demander le déblocage.
Si l’épargne est détenue sous forme de titres de l’entreprise, un accord collectif ou l’accord de l’employeur pourrait être nécessaire pour éviter des répercussions sur la trésorerie ou les fonds propres des sociétés, notamment les plus petites. Autrement dit, le déblocage ne serait pas automatique dans tous les cas.
Le gouvernement propose une option plus restreinte
En parallèle, le gouvernement, représenté par Serge Papin, envisage une option plus limitée, explique TF1 info. Elle ciblerait les salariés gagnant jusqu’à deux fois le SMIC (soit 3 646 € bruts par mois) et leur permettrait de retirer jusqu’à 2 000 € sans avoir à justifier l’utilisation. Seules les sommes disponibles sur un plan d’épargne entreprise à la fin de 2025 seraient éligibles, ce qui assurerait le maintien de l’exonération fiscale pour ces montants.
Ce dispositif pourrait être appliqué d’ici quelques semaines : une confirmation a été donnée le 5 février 2026. Reste à régler les questions logistiques liées à une mise en œuvre par décret et à son articulation avec le texte parlementaire en cours.







