Une vague de grippe amplifiée par le variant K : tous les signaux sont au rouge
Depuis le début du mois de décembre, la situation épidémique s’est nettement détériorée en France. D’après le bulletin hebdomadaire de Santé publique France daté du 17 décembre 2025, « compte tenu de l’intensification actuelle de la circulation des virus grippaux dans l’ensemble de la population française … une augmentation du recours aux soins en ville et à l’hôpital est à anticiper dans les semaines à venir, avec un impact pouvant être important sur le système de santé ». La grippe inquiète de plus en plus, à mesure que le variant K, sous-clade du virus A(H3N2), gagne du terrain. Ce sous-variant, qui représente 77,6 % des souches A(H3N2) analysées dans l’Hexagone, s’est imposé en quelques semaines. Ce bouleversement est survenu après la formulation du vaccin saisonnier, réduisant sa compatibilité exacte avec la souche dominante. Toutefois, les autorités rassurent : les vaccins actuellement disponibles continuent d’offrir une protection significative contre les formes graves.
Le virus se montre redoutablement contagieux. Thierry Prazuck, chef du service des maladies infectieuses au CHU d’Orléans, précise dans Notre Temps : « Avec ce variant K, une personne malade peut infecter quatre personnes alors qu’habituellement, on tourne autour de 1 pour 2 ». Cette dynamique a alimenté un bond spectaculaire du taux de consultations pour syndrome grippal, passé de 191 à 266 pour 100 000 habitants entre les semaines 49 et 50. Parallèlement, la part des décès liés à la grippe sur les certificats électroniques a doublé : 1,8 % contre 0,9 % à la même période l’an dernier.
Une pression importante sur le système hospitalier à l’approche des fêtes
Tous les indicateurs convergent vers un pic imminent. Selon Le Monde, le 17 décembre 2025, « l’épidémie de grippe est en hausse, avec un pic attendu fin décembre ». Ce calendrier coïncide avec le début des congés scolaires, période propice aux rassemblements familiaux et aux déplacements massifs sur le territoire, ce qui alimente la propagation du virus. En parallèle, les structures hospitalières s’organisent pour absorber l’afflux attendu de patients.
Les autorités anticipent un double fardeau, cumulé avec d’autres infections respiratoires saisonnières, telles que la bronchiolite ou le COVID-19. La coexistence de ces pathogènes met à rude épreuve les services d’urgence et de réanimation, notamment en pédiatrie et en gériatrie. D’après les modélisations de l’Institut Pasteur, une décrue partielle est possible pendant la trêve des fêtes, mais elle dépendra largement du respect des gestes barrières, de la couverture vaccinale et de la vigilance collective. Les professionnels de santé redoutent toutefois une remontée post-vacances, notamment en cas de retour de congés infectieux ou de redéploiement géographique du virus. À ce jour, toutes les régions métropolitaines, sauf la Corse, sont passées en phase épidémique active durant la semaine 50, ce qui illustre l’étendue du phénomène.
Une immunité mise à l’épreuve et des populations vulnérables exposées
La propagation fulgurante du variant K illustre une dynamique virale particulièrement défavorable à la veille des fêtes. Bien que ce sous-clade n’entraîne pas de symptômes plus sévères que les autres souches, il reste associé à un taux élevé de complications chez les sujets fragiles. Les données virologiques montrent que les patients âgés ou souffrant de comorbidités sont les plus exposés à des formes graves nécessitant une hospitalisation prolongée. La protection vaccinale, bien que partielle contre cette nouvelle souche, demeure essentielle. Elle limite les hospitalisations et réduit les risques de transmission intrafamiliale. Selon les spécialistes, la réponse immunitaire suscitée par le vaccin reste efficace contre les formes graves de la grippe, y compris celles liées au variant K.
Cette course contre la montre souligne une vulnérabilité persistante du système de soins. La tension hospitalière actuelle rappelle celle des pics pandémiques des années précédentes, et certains établissements déclenchent déjà des plans de gestion de crise. Dans ce contexte, Santé publique France et l’Institut Pasteur appellent à une vigilance renforcée dans les jours à venir. L’évolution de l’épidémie dépendra des comportements collectifs et de la capacité à maintenir les dispositifs de prévention à un niveau élevé, malgré la lassitude du public.







