Le Parlement luxembourgeois a adopté, mercredi 28 octobre 2026, la réforme qui remplacera progressivement les classes d’imposition traditionnelles par une classe d’impôt unique à partir du 1er janvier 2028. Cette transformation intéresse aussi les salariés qui vivent en France et travaillent au Grand-Duché : leur imposition luxembourgeoise dépend aujourd’hui notamment de leur situation familiale et, pour certains couples, du régime applicable aux non-résidents.
Le ministère luxembourgeois des Finances confirme l’adoption du projet de loi n° 8676 et son calendrier. La réforme vise à rapprocher l’imposition des personnes seules, des couples et des familles recomposées, en réduisant le rôle de l’état civil dans le calcul de l’impôt.
Ce qui change pour les couples et les salariés frontaliers
Les contribuables actuellement classés en catégories 1 ou 1a, ainsi que les nouveaux contribuables concernés à compter de 2028, relèveront du nouveau barème. Les couples déjà soumis à l’imposition collective avant cette date pourront, eux, conserver pendant vingt-cinq ans le tarif de l’ancienne classe 2. Ils auront également la possibilité de choisir le nouveau régime ; ce choix sera définitif, selon les modalités exposées lors du débat parlementaire.
La réforme a été votée par 37 voix pour, 11 contre et 12 abstentions, rapporte RTL Infos Luxembourg. Les discussions ont notamment porté sur les différences d’avantages entre catégories de contribuables et sur le coût de la réforme pour les finances publiques.
Pour les travailleurs frontaliers français, le point essentiel est le régime fiscal applicable au Luxembourg. Les non-résidents imposables au Grand-Duché sont concernés par la réforme, mais les modalités d’imposition collective et d’assimilation à un résident dépendent de conditions propres à leur foyer. Le cabinet fiscal luxembourgeois Taxx.lu détaille notamment les conséquences envisagées pour les frontaliers. Le résultat sur le revenu net d’un couple dépendra de la répartition des revenus, des déductions et de sa situation fiscale.
Parents isolés et jeunes enfants : de nouveaux avantages annoncés
Le texte comporte plusieurs dispositions destinées aux familles. Le gouvernement annonce une hausse du crédit d’impôt monoparental de 3 504 à 4 008 euros, ainsi qu’un abattement annuel de 5 400 euros pour la petite enfance. L’accès effectif à ces dispositifs dépendra des conditions fiscales prévues pour chaque contribuable.
Le ministère présente également des mesures pour les personnes qui réduisent leur activité afin de s’occuper d’un proche, ainsi qu’un relèvement des plafonds de certaines déductions fiscales. Un mécanisme d’indexation du barème après quatre tranches indiciaires doit accompagner le nouveau système.
Ces dispositions peuvent compter pour les ménages installés en Moselle ou en Meurthe-et-Moselle dont un membre travaille au Luxembourg. Les dépenses de garde, la situation d’un parent isolé et la part des revenus gagnés de chaque côté de la frontière sont autant d’éléments susceptibles de modifier leur calcul fiscal. Les aides à la garde d’enfants et les allocations familiales relèvent toutefois de règles distinctes de celles du barème de l’impôt.
Un vote acquis, une application prévue en 2028
La nouvelle classe n’entre pas en vigueur immédiatement : les années fiscales 2026 et 2027 restent soumises au système actuel. Le vote du 28 octobre fixe une étape législative décisive, tandis que la mise en œuvre pratique et les démarches individuelles dépendront des instructions de l’administration fiscale luxembourgeoise.
Les couples bénéficiant aujourd’hui de la classe 2 auront particulièrement intérêt à comparer les deux régimes avant de renoncer à la période transitoire. Pour les familles frontalières, le choix pertinent se fera à partir de leurs revenus réellement imposables au Luxembourg et des conditions applicables aux non-résidents, plutôt que sur la seule promesse d’une baisse générale de l’impôt.
