Flottes d’entreprise : l’électrique gagne du terrain

  • Publié le: mercredi 28 octobre 2020

Après plusieurs mois d’arrêt du fait de la crise sanitaire, le marché des flottes d’entreprise repart à la hausse. Ces prochaines années, les véhicules électriques devraient en être les grands gagnants. En effet, le volontarisme gouvernemental, les nombreux mécanismes de subvention mais aussi l’avènement de technologies émergentes rendent les voitures électriques de plus en plus attractives et contribuent à doper le marché.  

Reprise du marché et boom de l’électrique

Après un effondrement attendu des ventes au printemps dernier, le marché des flottes d’entreprise reprend quelques couleurs : la demande reste forte, de l’aveu même des professionnels. En effet, après une baisse d’environ 80 % pendant la période de confinement, le niveau d’activité est, dès la mi-mai, revenu à 110 % pour les prestations de gestion de parcs, explique aux Échos Grégoire Chové, directeur général Europe du loueur Arval. Même s’il concède que la demande n’est pas revenue à ses niveaux d’avant-crise.

Une tendance à la reprise que connaissent aussi les véhicules électriques. En effet, dans le contexte de la transition écologique et de la relance économique, l’approche volontariste des pouvoirs publics a été décisive. Tout d’abord, dans le cadre du plan de soutien à l’automobile présenté par le gouvernement, le bonus à l’achat d’un véhicule électrique pour les flottes d’entreprise est passé à 5 000 € pour l’acquisition d’un véhiculer particulier ou utilitaire léger d’une valeur inférieure à 45 000 euros. Ensuite, les acheteurs publics et, en premier lieu, les collectivités, devraient accélérer le renouvellement de leurs propres flottes de véhicules dans les années à venir avec un objectif de 50 % en électrique, hybride ou hydrogène. « Les mesures incitatives du gouvernement vont favoriser les ventes de véhicules électriques aux entreprises », résume Grégoire Chové.

Rappelons aussi que depuis le 1er janvier dernier, les constructeurs automobiles sont dans l’obligation de limiter leurs émissions moyennes de CO₂, sous peine de sanction financière, dans le cadre de la Corporate Average Fuel Economy (CAFE), une réglementation européenne particulièrement favorable à l’électrique et, dans une moindre mesure, à l’hybride rechargeable. L’offre des constructeurs devrait donc, de facto, pouvoir suivre une demande grandissante et, par le jeu de la concurrence, tirer les prix vers le bas. « Le prix de l’électrique va croiser le prix du thermique dans le courant de l’année 2021 selon les constructeurs » explique Jean-Baptiste Guntzenberger, DG France de Newmotion.

Sur le territoire, les entreprises accélèrent leur transition

Dans une période où l’enjeu de la souveraineté industrielle est revenu au centre des préoccupations, il faut dire aussi que la France possède en son sein les capacités à répondre à la demande. Ainsi le consortium PSA a-t-il fait appel très récemment à Izivia, filiale d’EDF, pour équiper ses sites tertiaires et industriels en bornes de recharge qui permettront d’alimenter sa future flotte de véhicules électriques. D’ici 2025, ces bornes de 7 ou 22 kW nourriront la flotte d’entreprise ainsi que les véhicules particuliers ou de visite sur ses sites. Un exemple de coopération entre grands groupes industriels tricolores qui souligne aussi la présence d’acteurs qui, comme Izivia, bénéficient de l’expertise nécessaire en installation, conseil et maintenance pour répondre à la demande grandissante des acteurs économiques. Avec une électricité massivement bas-carbone grâce à l’apport du nucléaire, des acteurs industriels ancrés dans l’Hexagone et un volontarisme gouvernemental assumé, la France apparaît comme l’un des marchés les mieux armés pour tirer tous les bénéfices de la mobilité électrique.

« Du côté des entreprises, elles ont déjà réfléchi, déjà testé les véhicules et les charges. Elles savent souvent ce dont elles ont besoin » précise Jean-Baptiste Guntzberger, qui considère que la transition des flottes d’entreprise vers l’électrique est d’ores et déjà quasiment actée. Les professionnels du secteur anticipent d’ailleurs la demande des entreprises en véhicules électriques. Parmi les acteurs du leasing (système de location longue-durée avec option d’achat), LeasePlan a par exemple lancé une campagne incitative en faveur de la voiture électrique à destination des TPE et PME, qui tardent malgré tout à entamer la transition de leurs flottes.

Avec presque 30 000 points de charges publics déjà installés, surtout par les collectivités locales et les métropoles, la France fait partie des bons élèves européens dans l’installation des infrastructures de recharge. En effet, si l’Union européenne préconise un ratio d’un point de recharge pour 10 véhicules, la France compte d’ores et déjà une installation pour 8 véhicules. Une part qui a vocation à s’améliorer dans les années à venir, car la France prévoit d’atteindre 100 000 points de charge d’ici 2022. Un chiffre symboliquement acté par la signature de la charte « 100 000 bornes » le 12 octobre dernier.

Smartcharging et économies de long-terme

Les perspectives de gains économiques se dessinent aussi de plus en plus pour les entreprises, grâce à l’apport d’innovations sectorielles. L’AVERE-France souligne ainsi que les mécanismes de charge intelligente promettent des gains économiques « tant pour l’utilisateur que pour le réseau électrique », grâce à un meilleur pilotage de la consommation et l’optimisation de l’emploi du volume d’énergie. Et balaient, par la même, les craintes de surcharge du réseau. Le marché du déploiement de ces modes de pilotage est estimé à 1,5 milliard d’euros à l’horizon 2035, selon les estimations de l’AVERE.

Le smartcharging est d’ailleurs mis en œuvre par Izivia sur les sites PSA, qui promet une recharge efficace tout en évitant les pics de puissance électrique, grâce à la supervision du parc en temps réel et un accompagnement optimal de l’utilisateur. « Concrètement, les fonctionnalités de smartcharging permettent la recharge des véhicules sur site tout en évitant les pics de puissance électrique » détaille-t-on chez Izivia. En effet, l’entreprise précise que son action ne se limitera pas à l’installation des bornes et explique que « les bornes électriques installées par Izivia bénéficieront également de services de supervision, d’une maintenance préventive et curative, d’une monétisation du service et d’un accompagnement de l’utilisateur en vue d’assurer une haute qualité de service ».

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