Pénurie de sable, un enjeu écologique mondial

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  • Publié le: jeudi 21 janvier 2021

Pour Pascal Peduzzi, directeur scientifique du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le sable est « le héros oublié de notre développement ». Contrairement à une idée reçue, il n’est pas une ressource infinie et nous sommes en train de l’épuiser à une vitesse folle. Avec 40 milliards de tonnes extraits chaque année (9 fois plus que le pétrole), le sable est la deuxième ressource la plus utilisée sur Terre après l’eau.

Fonds marins, lacs ou mines, l’environnement naturel est exploité pour extraire du sable, cette matière première cruciale pour notre développement. Il est bien entendu utilisé massivement par le secteur de la construction et du bâtiment. Mais pas uniquement !

Verre, panneaux solaires, puces électroniques, dentifrice et même composant du vaccin contre la Covid-19, le sable est partout, autour de nous, dans notre quotidien. Mais la pénurie menace. Les conséquences seraient multiples et dangereuses.

La pénurie de sable : un fléau mondial…

On estime qu’entre 40 et 50 milliards de tonnes de sable sont extraits chaque année dans le monde. Chaque individu en consomme 18 kg chaque jour. En France, la demande de sable s’élève à quasiment 400 millions de tonnes, destinée essentiellement au secteur du bâtiment (le béton est composé aux deux tiers de sable).

« Comptez 200 tonnes de sable pour une maison, et 30 000 pour 1 km d’autoroute! De tels besoins expliquent pourquoi l’Asie, en pleine transition urbaine, consomme 70% de la demande annuelle mondiale. La Chine, notamment, a besoin de subvenir aux besoins de sa population, qui a presque doublé en 60 ans », expose Mathieu Combe, journaliste pour le magazine Natura Sciences.

La plus grande mine de sable au monde se trouve ainsi dans le lac Poyang, d’où 980 000 tonnes sont extraits chaque jour.

La demande en sable a augmenté de 360% en 30 ans, et ce n’est pas prêt de s’arranger. D’ici 2100, la population mondiale devrait augmenter de 47%, impliquant une extension des zones urbaines et donc, des constructions de routes et de logements. D’autant qu’entre les constructions en béton à foison, extension de plages (comme à Singapour) ou les créations d’îles artificielles (comme à Dubaï, moins cher que l’achat de terres), beaucoup de mines de sables sont déjà épuisées.

… aux conséquences désastreuses

Si bien que le pillage de sable devient une entreprise rentable, comme en attestent les chiffres officiels détaillant l’émergence de véritables mafias du sable : des milliards de tonnes sont volées chaque année dans le monde, et des centaines de personnes ont déjà été tuées pour du sable.

Le recul des terres (75% à 90% des plages disparaissent pour répondre aux besoins en sable) devient un problème pour l’agriculture (l’eau de mer s’infiltre dans les nappes phréatiques sans cette barrière naturelle), la faune (la chaîne alimentaire marine est bousculée), mais aussi pour le tourisme et les infrastructures comme des ponts en Inde ou au Portugal par exemple.

Quelles alternatives ?

Le sable créé par l’érosion de la pierre est donc en voie de disparition mais plusieurs pistes pourraient permettre de répondre à la pandémie. La première est, tout simplement, le recyclage des matières utilisant du sable, qui n’en est qu’à ses balbutiements. Aujourd’hui en France seulement 10% des 260 millions de tonnes de déchets de construction en béton sont recyclés. Le recyclage du verre est une autre voie à suivre : broyé, ses plus plus gros morceaux servent à faire du béton, les plus petits à (re) faire du verre, il coûte 14% moins cher que du béton ou du verre « neuf », en réduisant les émissions de CO2 de 18%.

Autre piste : utiliser des alternatives au béton, en première chef l’argile. Ce dernier peut en effet être aussi solide que le béton, il est vingt fois durable, moins polluant et moins cher. Mais il faut mettre en place des filières industrielles pour en généraliser l’emploi.

Face à cette urgence, la gouvernance mondiale devra travailler avec les acteurs du secteur pour la régulation et la protection du sable, ce matériau qui se faire rare.

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