Les salariés, maillon fort de la RSE en entreprises

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  • Publié le: jeudi 19 novembre 2020

Si la première période de confinement a servi d’accélérateur aux pratiques liées à la responsabilité sociétale en entreprises (RSE), cette tendance de fond ne s’est pas démentie depuis. De nombreux salariés se sont engagés dans des actions solidaires dans le cadre de mécénat de compétences ou simplement sur leur temps libre. Pour beaucoup de collaborateurs, les actions solidaires menées par leur employeur constituent un facteur essentiel d’engagement.

À quelque chose malheur est bon. La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a mis en lumière les pratiques de la RSE en entreprises. L’implication des salariés, soucieux d’apporter une aide aux associations lors du confinement, s’est concrétisée, par exemple, dans le mécénat de compétences, encouragé par certains employeurs. Les plateformes dédiées, telles Koeo ou Wenabi, ont vu leur affluence exploser durant la période, quand ce ne sont pas les entreprises, elles-mêmes, qui se sont dotées d’un outil spécialement conçu pour répondre à la demande de leurs salariés.

Le cabinet de conseil PwC, par exemple, a mis en place sa propre plateforme de mécénat de compétences avec le soutien de la start-up Vendredi. Résultat : 250 salariés se sont saisis de l’opportunité pour effectuer des missions associatives. « Notre premier réflexe, avec le confinement, a été de nous dire qu’il fallait réussir à poursuivre à distance les missions déjà engagées auprès des associations. Mais, très vite, dans le sillage de la Réserve civique lancée par le Gouvernement, il est devenu évident qu’il fallait aussi proposer des choses nouvelles », explique Adélaïde de Tourtier-Audras, responsable de la RSE chez PwC France et Maghreb.

Même constat à la Fondation Vinci où le confinement a boosté la réalisation de leur plateforme de mécénat de compétences. L’idée n’était encore qu’au stade de projet, mais sous l’impulsion de collaborateurs volontaires, les moyens nécessaires ont été mis en œuvre pour répondre à ce mouvement spontané. « En deux semaines, grâce au soutien de la direction du groupe, elle était lancée. Très vite, 270 personnes sont passées à l’action », se réjouit Orphelia Duval, la responsable du projet.

Un besoin de s’inscrire dans cet élan solidaire

Être utile pour son territoire, participer à l’effort de solidarité… ces aspirations se sont aussi traduites en dehors du cadre « institutionnalisé » du mécénat de compétences. Au-delà de leur mission de service public, les salariés du groupe EDF ont pris sur leur temps libre pour apporter leur aide à la communauté. Confection de masques en tissu pour les habitants de leurs communes, fabrication de visières de protection, livraison de plats dans les hôpitaux, ils n’ont pas ménagé leurs efforts ni compté leurs heures pendant cette période particulière.

Ces initiatives ont été encouragées par le groupe EDF, via la plateforme Human Pacte, lancée en 2019. Cet outil de mise en relation des salariés avec le monde associatif, qui opère dans des domaines aussi divers que l’insertion professionnelle, l’inclusion sociale ou la biodiversité, n’était encore qu’en phase de test au printemps. La situation sanitaire a, là aussi, accéléré les choses. « Plusieurs salariés ont pu apporter une écoute bienveillante par téléphone aux personnes fragilisées et faire de l’accompagnement scolaire auprès d’enfants en difficulté », souligne EDF. Au final, l’engagement des salariés aura profité à une cinquantaine de structures associatives en quelques semaines, et aura aussi été prolongé à la suite de la tempête Alex, qui s’est abattue le 2 octobre 2020 sur les vallées de la Roya, de la Tinée et de la Vésubie, dans les Alpes-Maritimes. Les salariés du groupe EDF se sont de nouveau mobilisés pour apporter, cette fois-ci, un soutien financier aux territoires impactés. En se connectant sur Human Pacte, ils pouvaient faire un don directement à leurs collègues sinistrés ou à des œuvres caritatives, comme la Croix Rouge française, le Secours Populaire ou la Protection Civile. « La fonction RH joue un rôle essentiel dans la transformation d’une entreprise vers une économie plus inclusive. La création de Human Pacte déployée pendant le confinement en est un bel exemple. Je suis fier de la mobilisation des salariés EDF et de leur engagement sans faille.» a souligné Christophe Carval, directeur des ressources humaines du Groupe EDF.

La RSE, facteur déterminant pour l’implication des salariés

Cette implication n’est pas uniquement conjoncturelle et liée à des situations exceptionnelles. De plus en plus de salariés sont attentifs aux actions mises en place par leur entreprise dans le cadre de la RSE. C’est ce qui ressort d’une étude conduite par Cone Communication. Les plus jeunes, notamment, font même de l’engagement sociétal de l’entreprise un critère de sélection. « 51% des travailleurs déclarent ne pas vouloir travailler pour une entreprise qui n’a pas d’engagement social ou environnemental fort. 58% disent que la RSE est un critère important dans le choix de leur travail. Certains placent même ce critère au-dessus du salaire : 55% des sondés déclarent qu’ils choisiraient de travailler pour une entreprise socialement responsable même si le salaire proposé était plus bas que leurs autres propositions », décrypte Clément Fournier, le rédacteur en chef de Youmatter.

Ce plébiscite encourage les entreprises à engager une réflexion sur leur politique de RSE d’autant que ces salariés « responsables » seraient plus enclins à s’engager dans la vie de l’entreprise. Et plus fidèles aussi. « Ils sont 71% à vouloir que leur employeur leur fournisse plus d’opportunités de s’investir dans des actions pour améliorer l’impact social et environnemental de leur entreprise. » poursuit Clément Fournier.

Une tendance forte confirmée dans le « baromètre 2020 de la perception de la RSE » publié par l’institut Kantar pour le Medef. Une entreprise engagée sur ce thème jouit d’une meilleure image auprès de ses collaborateurs. Cet impact positif se traduit, en outre, dans l’implication de ces derniers dans le cadre professionnel. « Dans les entreprises où il existe une fonction ou un service RSE, 83 % des salariés indiquent “avoir plaisir à travailler” dans leur entreprise, contre seulement 64 % dans les entreprises qui n’en sont pas dotées. » L’engagement sociétal de l’entreprise constituerait ainsi une source de motivation supplémentaire.

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