François Hollande n’a jamais confirmé sa candidature à la présidentielle de 2027. Mais un rendez-vous discret organisé mercredi 15 juillet dans les jardins de la questure du Sénat en dit long sur ses intentions, révèle Le Figaro.
Plus de 160 personnalités triées sur le volet avaient reçu une invitation pour ce cocktail tenu en soirée. Anciens collaborateurs de cabinet, hauts fonctionnaires en exercice, élus venus des quatre coins du pays, figures du sport et de la culture : tous, selon Le Figaro, soutiendraient une éventuelle candidature de l’ancien président. Le secret entourant l’événement aurait été, selon le journal, bien gardé.
Devant une centaine de soutiens réunis, l’ancien chef de l’État a prononcé un discours que Le Figaro qualifie de discours de « pré-campagne ». De quoi relancer, un peu plus de deux ans avant l’échéance, les spéculations sur un retour de François Hollande à la fonction qu’il a occupée entre 2012 et 2017. L’actuel député de Corrèze est d’ailleurs redevenu la personnalité politique préférée des Français dans la dernière vague du baromètre Ifop/Paris Match.
« 2027 est un moment historique »
Dans son discours, François Hollande a établi un parallèle avec sa propre élection. « La situation de la gauche française n’est pas celle de 2012 où il n’y avait pas de doutes sur l’issue du scrutin », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Quinze ans après, ce n’est plus le même monde, plus la même France. Ce nouveau monde appelle une nouvelle gauche. On ne peut pas reproduire ce qu’on avait fait avant ! »
Pour lui, cette rupture rend l’échéance à venir particulière. « C’est ce qui fait que 2027 est un moment historique. On sait qu’il peut y avoir une bascule qui peut entraîner l’Europe et le monde », a-t-il averti, jugeant que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir stopperait le processus européen.
Il a également critiqué la méthode actuelle de la gauche, notamment socialiste, pour contrer le Rassemblement national, qu’il juge inadaptée face à ce qu’il décrit comme une « bipolarisation des extrêmes ».
Sur la méthode de campagne elle-même, l’ancien président s’est montré tout aussi tranché : « L’élection ne peut pas se préparer ni s’organiser comme nous le faisions. Beaucoup sont partis en campagne au mois de juin. Ce qui compte, c’est ce qui va se passer à la fin de l’année et au début de l’année prochaine. »
Il a insisté sur la nécessité de « formuler des messages », de « s’imposer dans les échanges » et de « trouver des idées fortes pour toucher un électorat dépolitisé ».
Sur le fond, François Hollande a plaidé pour des idées-forces plutôt qu’une accumulation de propositions, autour de deux défis qu’il juge nouveaux par rapport à ses précédents mandats : les objectifs climatiques et les enjeux liés à l’intelligence artificielle et au numérique.
Il a évoqué l’idée de mettre « le lien social au cœur », pour « réenchanter » le progrès, citant deux exemples concrets, la voiture électrique et l’accession au logement. « La sobriété oui, mais pas l’abstinence qui ne peut pas convaincre le pays », a-t-il résumé.
Selon lui, les Français attendent « une vision, une projection » sur ce que sera la France dans cinq ou dix ans, plutôt qu’une simple gestion « des drames du quotidien ».

