La consommation d’alcool est profondément ancrée dans de nombreuses cultures, et elle peut même être perçue comme un « pilier de l’identité nationale » dans des pays comme la France. Les effets sur la santé sont toutefois bien réels, avec une hausse du risque de cancer et une mortalité prématurée. Une étude récente propose une méthode innovante et simple à mettre en place, qui combine information et actions pratiques pour aider à boire moins.
L’étude : comment ça s’est passé
L’étude, publiée en 2021 dans la revue Addictive Behaviors, a duré six semaines et a mobilisé un échantillon initial de 7 995 personnes, principalement des buveurs en Australie. Elle a été menée par Simone Pettigrew, économiste et psychologue-consommateur au George Institute for Global Health en Australie. Les chercheurs ont testé différentes combinaisons de messages de sensibilisation et d’actions concrètes pour voir ce qui fait bouger les comportements. Les participants ont été répartis en groupes, avec des sondages réalisés après trois semaines et six semaines.
Quels messages ont marché
La combinaison la plus efficace a été une publicité télévisée qui mettait en avant le lien entre l’alcool et le cancer, accompagnée d’une consigne pratique : compter le nombre de verres consommés. Cette approche a montré une réduction significative de la consommation, contrairement à d’autres méthodes testées — par exemple fixer une limite de verres n’a pas donné de baisse notable pendant la période étudiée.
Simone Pettigrew insiste : « Dire aux gens que l’alcool cause le cancer n’est qu’une partie de la solution, nous devons aussi leur donner des moyens d’agir pour réduire leur risque. » rapporte Science Alert. Autrement dit, informer sans proposer d’actions concrètes ne suffit pas toujours.
Santé et recommandations
Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe l’alcool comme une « substance cancérigène avérée » depuis 1988. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu’aucune consommation d’alcool n’est sans risque pour la santé, estimant même qu’un « petit verre de temps en temps » n’est pas sans danger.
En 2020, 741 000 nouveaux cas de cancers étaient attribuables à l’alcool, soit environ 4 % de tous les cancers. Parmi ces cancers liés à l’alcool, 13,9 % concernaient des personnes dont la consommation quotidienne était inférieure à deux verres. Ces chiffres montrent l’importance de réduire la consommation au niveau individuel et collectif.
Politiques publiques et enjeux sociaux
Des mesures publiques comme réduire l’accessibilité de l’alcool ou augmenter son prix sont régulièrement étudiées, mais l’étude souligne que les choix personnels restent déterminants pour faire évoluer les comportements sur le long terme. Les ressources pour les campagnes de prévention étant limitées, il faut savoir quels messages fonctionnent le mieux.
En France, 8 % des adultes déclaraient boire quotidiennement en 2021, ce qui laisse supposer qu’une stratégie comme celle testée pourrait être particulièrement utile. Les chercheurs recommandent donc de rappeler le lien entre l’alcool et le cancer et d’encourager le suivi du nombre de verres consommés.
La combinaison alcool + tabac augmente encore plus les risques : l’effet cancérigène est amplifié, multipliant le risque de cancers par des facteurs importants.
Face à ce constat, l’étude propose une stratégie simple mais efficace : informer (beaucoup de gens ignorent que l’alcool est un cancérigène) et inciter à des actions concrètes et faciles à mettre en place. Pour celles et ceux qui souhaitent changer, le site officiel Alcool Info Service propose une aide gratuite et personnalisée.


