2 827 € de moins d’impôts en 2026 : le plafond de revenus que les retraités ignorent

Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a préservé un abattement de 10 % sur les retraites, évitant une hausse d’impôts pour des millions de retraités.

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2 827 € de moins d’impôts en 2026 : le plafond de revenus que les retraités ignorent
2 827 € de moins d’impôts en 2026 : le plafond de revenus que les retraités ignorent © Social Mag

Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a rejeté un projet de réforme fiscale qui aurait touché des millions de retraités français. Le texte proposait de remplacer l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite par une déduction forfaitaire de 2 000 €, mais il a été refusé par 213 voix contre 17, préservant ainsi le système fiscal en vigueur, confirme Pleine Vie. Cette décision a des conséquences importantes pour environ 17 millions de retraités français, qui conservent le régime fiscal actuel.

Comment fonctionne l’abattement aujourd’hui

Depuis 1978, un abattement fiscal de 10 % est appliqué automatiquement aux pensions de retraite, de réversion et d’invalidité. Cet abattement réduit le revenu imposable des retraités et influe sur le calcul du revenu fiscal de référence (RFR), souvent déterminant pour l’accès à diverses aides sociales. Le montant varie entre un minimum de 450 € et un plafond de 4 399 € par foyer fiscal. Pour les retraités ayant des pensions élevées, ce plafonnement permet une réduction d’impôt notable.

Le gouvernement proposait de remplacer cet abattement par une déduction forfaitaire de 2 000 €, ce qui aurait permis une économie de 1,2 milliard d’euros par an pour l’État (qui dépense aujourd’hui environ 4,5 milliards d’euros pour cet abattement). Mais la réforme aurait touché les retraités de façon inégale : 39 % auraient été perdants, tandis que seulement 12 % en auraient tiré bénéfice.

Qui aurait gagné et qui aurait perdu (et pourquoi la réforme a été bloquée)

Les effets annoncés variaient selon le niveau des pensions. Les petites pensions, en dessous de 1 667 € par mois, auraient peu ressenti la différence, voire en auraient bénéficié. À partir de 1 667 € mensuels, une légère hausse des impôts aurait été perceptible, avec des pertes importantes pour les plus hauts revenus de pensions.

Le rejet de la réforme a été porté par une opposition transpartisane : la Gauche, le Rassemblement national, la Droite républicaine, les Écologistes et le groupe LIOT. Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, a souligné que la mesure aurait entraîné une hausse notable des impôts pour une majorité de retraités aux revenus intermédiaires.

Les partisans de la réforme mettaient en avant une simplification administrative, un meilleur ciblage des aides pour les petites pensions et la possibilité de redéployer les économies vers d’autres politiques sociales, tandis que les opposants ont insisté sur les conséquences fiscales inégales de la suppression de l’abattement.

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