Entre 1 700 € et 1 800 € par mois. C’est le montant qu’une personne seule, propriétaire de son logement et donc sans loyer à payer, doit toucher pour vivre décemment à la retraite, selon une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) relayée par le média Pleine Vie. Un repère qui ne vaut que pour ce profil précis, et qui grimpe nettement dès qu’il s’agit d’un locataire ou d’un couple.
Ce chiffre entre en collision directe avec les statistiques officielles. D’après la DREES, la pension moyenne en France tourne autour de 1 626 € bruts, soit environ 1 500 € nets. À peine de quoi atteindre le bas de la fourchette de l’IRES, et seulement pour un propriétaire.
Or la pension médiane, elle, se situe en dessous de la moyenne. Une bonne partie des retraités vit donc sous le seuil jugé nécessaire pour vivre dignement, en particulier ceux qui ont connu des carrières hachées ou des périodes de temps partiel.
Autre repère cité : 1 634 € nets, en dessous duquel se retrouvent de nombreuses pensions. D’autres travaux évoquent même un niveau vraiment confortable, situé entre 1 800 € et 2 200 € nets pour une personne seule.
Près d’un tiers des retraités français déclarent avoir du mal à couvrir leurs dépenses courantes, logement, alimentation, santé et transports, selon des enquêtes citées par Pleine Vie.
Un deuxième budget pour rester chez soi
Au-delà de la pension elle-même, un autre coût s’ajoute souvent sans être compté. Un baromètre de Retraite.com et Silver Alliance chiffre à 1 291 € par mois le prix des services permettant de bien vieillir à domicile : aide à domicile, adaptation du logement, téléassistance, accompagnement de la perte d’autonomie. Cette somme vient en plus des dépenses courantes, courses, charges, assurances. Elle représente presque un second budget, qui pèse surtout lorsque la santé se fragilise.
Pour un couple, certaines dépenses se mutualisent, le logement notamment, mais d’autres doublent purement et simplement. L’équation ne se simplifie pas pour autant, en particulier en location ou dans une zone où les prix restent élevés.
Face à des pensions jugées insuffisantes, plusieurs filets existent. L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) permet de porter les revenus à un plancher légal. Les aides au logement de type APL complètent ce dispositif, tout comme l’accompagnement proposé par les centres communaux d’action sociale ou par les départements. Certains retraités cherchent aussi des revenus d’appoint : garde d’enfants, coups de main ponctuels, location d’une chambre.
Pour les actifs qui approchent de la retraite, l’anticipation reste une option évoquée dans les études citées par Pleine Vie : épargner via un Plan Épargne Retraite ou une assurance-vie, pour se rapprocher des niveaux identifiés par l’IRES avant même de liquider sa pension.






