Selon l’étude internationale People at Work 2025 d’ADP, seulement 11 % des travailleurs français pensent que l’IA aura un effet positif sur leur emploi, tandis que 8 % redoutent déjà d’être remplacés par une machine. Face à ce climat d’incertitude, un salarié sur trois se tourne activement vers de nouvelles opportunités professionnelles, traduisant un malaise qui dépasse la simple adaptation technologique.
Entre espoir et peur de perdre son emploi
En France, 11 % des salariés se déclarent confiants dans les effets positifs de l’IA sur leur emploi, un chiffre qui reste largement en deçà de la moyenne mondiale. À l’échelle globale, 50 % des salariés anticipent un impact favorable dans l’année, mais seuls 17 % se disent pleinement convaincus de cette perspective, selon le rapport le rapport « People at Work 2025 » d’ADP Research. Dans le même temps, 10 % des salariés dans le monde redoutent fortement de perdre leur poste à cause de la technologie. Cette tension entre espoir et peur se retrouve dans les résultats français, où même certains salariés optimistes restent prudents : parmi ceux qui pensent que l’IA sera bénéfique, 27 % redoutent malgré tout un remplacement.
Carlos Fontelas De Carvalho, président d’ADP en France, souligne la dimension psychologique de ce bouleversement : « L’impact de l’IA n’est pas seulement technologique, il est aussi émotionnel pour de nombreux salariés. Beaucoup perçoivent l’IA comme un levier de progrès, mais elle peut susciter aussi de l’incertitude ». Une analyse qui révèle que les entreprises devront, au-delà des outils, gérer aussi l’anxiété générée par l’IA.
Recherche d’emploi active : un signal fort
L’étude indique que les craintes liées à l’IA influencent directement le comportement des salariés. Plus de 30 % de ceux qui pensent que l’IA pourrait les remplacer recherchent activement un nouvel emploi ou passent des entretiens, contre seulement 16 % parmi ceux qui se sentent moins menacés. Ce chiffre illustre une tendance nette : l’anticipation du risque pousse déjà une partie des salariés à agir, quitte à quitter un emploi stable. Dans ce contexte, la peur de perdre son poste n’est pas abstraite : elle influence concrètement les stratégies professionnelles et les mobilités.
Focus générationnel : qui redoute le plus ?
Les jeunes sont parmi les plus exposés. La répartition par âge met en lumière une ambivalence notable. Chez les 18-26 ans, 12 % estiment que l’IA aura un impact positif sur leur emploi, mais 13 % craignent d’être remplacés. Pour les 27-39 ans, ces chiffres sont respectivement de 18 % et 11 %.
En revanche, les plus de 55 ans se montrent plus sereins, avec seulement 5 % exprimant une crainte. L’explication réside probablement dans l’horizon professionnel : les plus jeunes anticipent une carrière longue, fortement exposée aux mutations liées à l’IA, ce qui nourrit un mélange d’enthousiasme et d’anxiété.
Des différences selon les secteurs d’activité
L’étude révèle également des différences selon les secteurs. Les métiers liés aux technologies, à la finance et à l’information affichent à la fois un niveau plus élevé d’optimisme et de préoccupation, traduisant une exposition directe aux transformations en cours.
En revanche, dans des secteurs à forte dimension humaine comme la santé ou l’accompagnement social, l’IA suscite moins d’attentes positives, mais aussi moins de craintes immédiates. Ce contraste souligne que l’effet de l’IA sur l’emploi n’est pas uniforme, il varie selon la nature du travail et la perception de son automatisabilité.
