Reconstruction de Gaza : pourquoi certains diplomates doutent déjà que les 900 millions promis à Bruxelles arrivent un jour sur le terrain

Près de 900 millions d’euros promis pour Gaza, mais sur place, les ONG peinent encore à distribuer le minimum vital. Pourquoi l’aide ne passe-t-elle toujours pas ? La réponse tient en une condition posée par Bruxelles.

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Reconstruction de Gaza : pourquoi certains diplomates doutent déjà que les 900 millions promis à Bruxelles arrivent un jour sur le terrain
Reconstruction de Gaza : pourquoi certains diplomates doutent déjà que les 900 millions promis à Bruxelles arrivent un jour sur le terrain © Social Mag

Des pays donateurs se sont engagés, lundi 13 juillet à Bruxelles, à mobiliser près de 900 millions d’euros pour lancer la reconstruction de la bande de Gaza. L’annonce a été faite par Dubravka Suica, commissaire européenne à la Méditerranée, à l’ouverture d’une conférence des donateurs réunissant quelque 65 délégations, dont la Suisse.

« Nous allons présenter aujourd’hui le premier volet, d’un montant de près de 900 millions d’euros », a déclaré Suica à franceinfo. Cette somme inclut des fonds déjà promis auparavant pour l’aide au territoire palestinien.

Le programme porte un nom, la « Team Gaza Initiative ». Il rassemble l’Union européenne et 13 États partenaires, dont la Suisse. Le Canada et l’Australie pourraient le rejoindre dans les prochains mois. L’argent doit servir à déblayer les décombres laissés par l’offensive militaire israélienne et à reconstruire les services de base, l’eau et l’assainissement en tête, avant de couvrir aussi la santé, l’énergie, l’agriculture et l’alimentation.

Le désarmement du Hamas posé comme condition

Suica a prévenu que l’argent ne suffirait pas si l’aide ne parvenait pas concrètement à la population. « Nous avons maintenant besoin que les conditions sur le terrain permettent à notre aide d’atteindre la population de Gaza », a-t-elle affirmé. Cette exigence passe, selon elle, par le désarmement du Hamas, le mouvement islamiste palestinien encore au pouvoir dans une partie de l’enclave.

La rencontre de Bruxelles était la deuxième réunion du groupe des donateurs pour la Palestine. Elle devait aussi permettre de faire le point sur les réformes entreprises par l’Autorité palestinienne. Un programme a été conclu avec l’UE pour consolider ses institutions, dans la perspective de la solution à deux États : amélioration du fonctionnement budgétaire et des dépenses publiques, lutte contre la corruption, renforcement de la gouvernance.

Sur le terrain, une aide qui peine à passer

Un cessez-le-feu est entré en vigueur à Gaza en octobre, après deux ans d’une guerre que certaines sources qualifient de génocidaire, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Les violences n’ont pourtant pas cessé : au moins 1 100 personnes ont été tuées par des attaques israéliennes persistantes, selon le ministère local de la Santé. Le territoire reste soumis à l’occupation et au blocus israélien sur l’aide humanitaire.

Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée des situations de crise, a décrit un territoire dévasté où l’aide humanitaire reste très insuffisante. « Les populations n’ont même pas le minimum vital pour survivre, et les ONG internationales travaillent dans des conditions impossibles », a-t-elle déclaré.

L’annonce des 900 millions d’euros intervient donc alors que, sur place, les organisations humanitaires disent ne pas pouvoir déployer normalement leurs opérations.

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