Les forêts, des tremplins d’insertion professionnelle

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  • Publié le: lundi 13 septembre 2021

Les forêts françaises remplissent à la fois des fonctions économiques, environnementales mais aussi sociales. Elles sont aussi un levier d’insertion professionnelle, sur lequel le gouvernement entend bien miser, notamment en s’appuyant sur les forestiers privés. En métropole ou à la Réunion, la préservation de la biodiversité rime avec emploi. 

Que ferions-nous sans nos forêts ? Réservoirs précieux de biodiversité, elles sont un atout de poids pour lutter contre le réchauffement climatique. Sur le plan économique, la production de bois qu’elles permettent – matériau renouvelable et alternative aux énergies fossiles – génère 400 000 emplois, soit un poids supérieur à celui de l’industrie automobile. Parce que les forêts sont des espaces de nature très appréciés, elles remplissent aussi un rôle social auprès du grand public. Ce que l’on sait moins, c’est que les forêts françaises représentent une opportunité en matière d’insertion professionnelle. C’est en tout cas la conviction du gouvernement qui entend encourager l’emploi de salariés en insertion pour la replantation des forêts françaises. 

Affectées par le dérèglement climatique et les parasites, les forêts font l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics qui a donné lieu à la mise en œuvre d’une stratégie nationale de renouvellement forestier. Financée par France Relance à hauteur de 150 millions d’euros, elle prévoit la plantation de 50 millions d’arbres grâce à la mobilisation des professionnels de la filière : « Nous portons une stratégie ambitieuse pour nos forêts, fondée sur son renouvellement et son adaptation au changement climatique. Reposant sur l’engagement de chaque maillon de la filière forêt-bois, elle nous permettra à terme de replanter 50 millions d’arbres ! » résume le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie. 

Mobilisation des forestiers privés

Et pour conduire ce projet ambitieux, de nombreuses compétences seront recrutées. Le Gouvernement estime en effet que le reboisement pourrait mobiliser environ 30 000 salariés en insertion dans les métiers de l’environnement, et notamment le bûcheronnage et l’élagage, l’entretien des espaces naturels, l’aménagement et l’entretien des espaces verts, la protection du patrimoine naturel et la sylviculture. Le Gouvernement s’appuiera sur les propriétaires forestiers individuels et sur les structures de l’insertion par l’activité économique pour conduire les chantiers dont certains débuteront dès l’automne. La course aux talents est donc lancée ! « Pour reboiser nos forêts et les adapter au changement climatique, 30 000 femmes et hommes salariés en insertion sont mobilisables à travers le pays. Faites appel à eux ! » a appelé Brigitte Klinkert, ministre déléguée chargée de l’Insertion, sur son compte Twitter.

Une occasion de soutenir la biodiversité tout en suscitant de nouvelles opportunités pour la jeunesse, celles et ceux qui souhaitent se reconvertir ou acquérir de nouvelles compétences : « Les métiers du vivant et de la préservation de notre environnement permettent à des personnes fragilisées de retrouver des repères au contact de la terre, d’apprendre des gestes et de se sentir utiles à la société », fait valoir Brigitte Klinkert. Et de souligner qu’associer reboisement et insertion professionnelle s’inscrit dans un cercle vertueux : « Préserver nos forêts permet à des milliers de femmes et d’hommes de reprendre confiance en eux et de trouver le chemin d’un emploi durable, c’est pourquoi nous soutenons tous les acteurs qui les accompagnent. »

À La Réunion aussi, la biodiversité est source d’emplois

Hors de la métropole aussi, on s’attelle à faire de la forêt un tremplin pour la création de richesse et d’emplois. Exemple sur l’île de La Réunion, département français de l’Océan Indien qui est lui aussi confronté à des impératifs de reboisement. Il y a deux ans, la collectivité s’était fixé comme objectif de planter un million d’arbres d’ici 2024. Pour Cyrille Melchior, président de la collectivité de La Réunion, un tel plan de reboisement ne peut se faire sans impliquer la population : « Pour limiter les effets du changement climatique, nous devons avant tout prendre soin de notre environnement, créer des puits de carbone, partir en reconquête écologique, tant dans les forêts que les quartiers. Tout cela, en associant le plus grand nombre d’acteurs, en premier lieu la population réunionnaise ». 

Lui aussi est convaincu que la préservation de la biodiversité ne peut être que bénéfique socialement et économiquement. Pour financer le plan « 1 million d’arbres pour La Réunion », estimé à 31 millions d’euros, la collectivité s’appuie sur les fonds européens et sur le plan de relance de l’État. Un plan de relance écologique donc selon Cyrille Melchior, qui aura « un impact sur le plan économique, puisque nous y associons le secteur horticole réunionnais qui, comme tant d’autres, a fortement souffert de la crise sanitaire. Nous créons de fait des opportunités de formation et d’insertion avec, à terme, la création de nouvelles activités. Nous voulons faire de la biodiversité réunionnaise un atout pour la création de richesses et d’emplois. ». 

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