Un sondage réalisé par l’institut CSA pour Cnews, Europe 1 et Le Journal du dimanche, publié jeudi 10 septembre 2026, indique que des Français se déclarent favorables à une réduction des aides sociales accordées aux étrangers résidant en France, afin de contribuer à la baisse du déficit public. Vingt-sept pour cent des personnes interrogées s’opposent à cette mesure.
L’enquête a été menée les 8 et 9 septembre 2026 auprès d’un échantillon national de 1 012 personnes de plus de 18 ans, interrogées en ligne selon la méthode des quotas. La question posée était directe : elle demandait aux sondés s’ils étaient pour ou contre une réduction des aides sociales accordées aux étrangers résidant en France dans le but de réduire le déficit public.
Le soutien à cette mesure est majoritaire dans toutes les tranches d’âge sondées, mais varie sensiblement d’une génération à l’autre. Les 18-24 ans se montrent les plus réticents, avec 65 % d’avis favorables, contre 74 % chez les 65 ans et plus.
Entre les deux, les 25-34 ans affichent 73 % de soutien, tandis que les 35-49 ans et les 50-64 ans affichent 72 %. Les femmes, à 74 %, sont un peu plus favorables que les hommes. Les écarts entre catégories socioprofessionnelles restent, eux, limités : 72 % chez les catégories socioprofessionnelles supérieures, 70 % chez les catégories populaires et 73 % chez les inactifs.
SONDAGE – Les trois quarts des Français souhaitent réduire les aides sociales pour les étrangers https://t.co/Cotk3sFhNz
— Le JDD (@leJDD) September 10, 2026
Le clivage politique, de loin le plus marqué
Le vrai fossé se situe du côté des étiquettes partisanes. Chez les sympathisants du Rassemblement national, l’adhésion atteint 90 %, le taux le plus élevé de toutes les sensibilités interrogées. Elle s’établit à 81 % chez Les Républicains et à 71 % au sein de la majorité présidentielle, dont 66 % chez les seuls sympathisants de Renaissance.
À gauche, le rapport s’inverse. Les sympathisants de La France insoumise s’opposent à la mesure à 64 %, contre seulement 36 % d’approbation. Le soutien tombe à 44 % chez les sympathisants du Parti socialiste et à 41 % chez ceux des Écologistes.
Ce clivage politique dépasse largement les écarts observés selon l’âge, le sexe ou la catégorie socioprofessionnelle.
Le débat recouvre plusieurs dispositifs aux règles et aux publics différents. L’Aide médicale d’État permet, sous conditions de ressources et de résidence, l’accès aux soins des étrangers en situation irrégulière. Ses dépenses ont atteint environ 1,3 milliard d’euros en 2024, selon Le Journal du dimanche.
L’allocation pour demandeur d’asile, elle, est versée sous conditions pendant l’examen d’une demande d’asile. Toujours selon le JDD, 11 % des foyers allocataires de la Caisse d’allocations familiales étaient de nationalité étrangère en 2022.
Ce sondage paraît alors que le gouvernement doit élaborer le budget 2027 avec un impératif d’économies pour freiner un déficit public qui s’aggrave d’année en année. Les économistes appellent à dégager 126 milliards d’euros d’ici à 2032 pour stabiliser le taux d’endettement du pays, et la question des aides versées aux étrangers occupe une place de plus en plus centrale dans ce débat.
Une enquête Elabe publiée en novembre 2025 montrait déjà que des Français souhaitaient que l’effort de réduction du déficit passe davantage par la baisse des dépenses publiques que par une hausse des prélèvements.



