La France relance son plan hydrogène

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  • Publié le: samedi 12 septembre 2020

Dans le plan France Relance, présenté le 3 septembre 2020, les 2 milliards d’euros alloués à l’hydrogène pour 2021 et 2022 ont beaucoup fait couler d’encre. Ce mardi 8 septembre 2020, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie ont présenté aux acteurs et partenaires de la filière les détails du plan hydrogène et la redistribution des 7 milliards d’euros qui lui seront alloués sur les dix prochaines années.

L’exécutif a dévoilé les détails du plan France Relence, le 3 septembre 2020. Une des ses mesures-chocs est l’accent mis sur la filière industrielle de la production d’hydrogène vert. Le plan de relance va lui allouer 2 milliards d’euros en 2021 et 2022, première étape d’un plan de 7 milliards d’euros sur dix ans (d’ici 2030).

7 milliards d’euros pour 6 millions de tonnes de CO2

En France, une quarantaine de stations à hydrogène sont déjà recensées par l’observatoire de l’Afhypac (Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible). Son vice-président, Fabio Ferrari, était jusqu’à présent dubitatif sur l’avancée concrète de cette filière. En 2018, un plan avait pourtant été lancé avec 100 millions d’euros. Insuffisant pour développer largement les infrastructures. Mais les sommes mises sur la table par le plan France Relance devraient changer la donne.

L’objectif visé est l’installation d’une capacité d’hydrogène décarboné de 6,5 GW en 2030, permettant d’économiser 6 millions de tonnes de CO2 à cette échéance (l’équivalent des émissions annuelles de CO2 de Paris) : « Nous avons fait le choix d’une stratégie plus lente, moins visible, consistant à créer une filière industrielle nouvelle, la filière de l’électrolyse, avec nos propres outils et nos propres fabrication », a spécifié Bruno Le Maire.

70 millions de tonnes d’hydrogène ont été produits en 2019, dans le monde. Un million a été utilisé en France, dans des secteurs industriels essentiellement, comme le raffinage (pour des carburants) ou la chimie (comme des engrais). Mais, dans l’écrasante majorité des cas, il est produit à l’aide d’hydrocarbure, et n’a donc rien de vert. L’objectif est bien de produire de l’hydrogène à partir de sources d’énergies renouvelables, permettant notamment de leur servir de débouchés quand la production dépasse la consommation.

Vers une alliance européenne ?

Interrogé par nos confrères de 20 Minutes, Francois Kalaydjian, directeur économie et veille à l’IFP Energies nouvelles (l’institut de recherche et de formation dans les domaines de l’énergie, du transport et de l’environnement), estime que ces 7 milliards ne seront pas de trop. Selon lui, « il faudra financer de la recherche, des infrastructures, des démonstrateurs qui ont pratiquement les mêmes coûts que les unités industrielles finales. » Alors que la neutralité carbone doit être atteinte en 2050, la filière de l’hydrogène serait une des clés, en face des « enjeux climatiques colossaux et du temps qui nous est compté », rappelle-t-il.

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, avait par ailleurs expliqué sur BFM Buisness qu’il est nécessaire que la France s’allie à l’Allemagne afin de « renforcer et d’accélérer la structuration de l’industrie hydrogène en France ». Berlin, de son côté, a investi 9 milliards d’euros dans le secteur.

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