Le 8 octobre 2025, l’Anses a publié de nouvelles recommandations précisant qu’il faut se lever au moins trois minutes toutes les demi-heures pour préserver sa santé. Cette mise à jour, fondée sur 76 études scientifiques menées entre 2016 et 2025, marque un tournant majeur depuis les directives de 2016, qui préconisaient d’interrompre la position assise toutes les 90 à 120 minutes. L’objectif : lutter efficacement contre les effets délétères d’un mode de vie où le corps reste immobile trop longtemps.
Bouger, une urgence de santé publique
En France, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’Anses, les adultes passent en moyenne sept heures par jour assis, et 37 % d’entre eux dépassent les huit heures quotidiennes. Ce temps d’immobilité, accentué par le télétravail et les écrans, favorise les troubles métaboliques, cardiovasculaires et cognitifs. « Ces effets bénéfiques sont observés lorsque la position assise est rompue régulièrement et dans l’idéal toutes les 30 minutes », souligne Perrine Nadaud de l’Anses.
Se lever n’est donc plus un simple geste d’inconfort, mais une mesure de prévention. L’agence conseille des ruptures d’activité d’environ trois à cinq minutes, avec une intensité faible à modérée : marcher, s’étirer, aller chercher un verre d’eau ou même discuter debout. Selon Irène Margaritis, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition, citée par BFMTV : « marcher cinq minutes toutes les 30 minutes, avec une intensité faible à modérée, améliore les paramètres métaboliques, comme la glycémie ou l’insulinémie ». Ces micro-mouvements réguliers participent à maintenir une circulation sanguine optimale et une meilleure régulation du sucre dans le sang.
Trois minutes qui changent tout
Contrairement aux anciennes recommandations, il ne suffit plus de se lever rapidement pour s’étirer. L’Anses insiste : ces pauses doivent durer au moins trois minutes, idéalement cinq, et mobiliser le corps de façon active. « Il ne suffit pas de se lever, de faire un tour du bureau et de se rasseoir : la rupture de sédentarité doit durer 3 à 5 minutes et mobiliser suffisamment la motricité », rappelle Irène Margaritis dans des propos rapportés par BFMTV.
Cette exigence repose sur des résultats mesurés : en rompant la position assise toutes les 30 minutes, on observe une amélioration de la glycémie, de l’insulinémie, mais aussi du temps de réaction et de l’humeur. D’après les données compilées par l’agence, ces ruptures fréquentes réduisent également la fatigue ressentie au fil de la journée. Pour les enfants, des interruptions encore plus dynamiques, trois minutes d’activité intense toutes les trente minutes, seraient bénéfiques pour la concentration et la coordination.
Vers une nouvelle culture du mouvement
Ces recommandations ne viennent pas remplacer les préconisations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui conseille toujours 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, mais les compléter. Se lever souvent et bouger régulièrement ne remplace pas le sport, mais constitue une base de santé publique essentielle. Selon l’Anses, il s’agit d’une prévention passive, accessible à tous, y compris aux travailleurs de bureau ou aux personnes âgées.
Dans une société où le temps passé assis ne cesse d’augmenter, ces gestes simples pourraient avoir un effet collectif majeur. Les effets bénéfiques de ces micro-pauses s’observent à court terme, dès quelques jours de pratique. Comme le résume une chercheuse de l’agence, il s’agit « d’introduire la santé dans le quotidien ». La clé n’est pas seulement dans les dix mille pas quotidiens, mais dans la régularité du mouvement tout au long de la journée.

