GL Events, Comexposium… : le secteur de l’événementiel en proie aux licenciements

  • Publié le: vendredi 9 juillet 2021

Les acteurs de l’événementiel viennent de connaître deux années cataclysmiques. L’annulation des manifestations a entraîné des licenciements économiques en série et, selon certains syndicats, des plans sociaux déguisés. GL Events et Comexposium, deux poids-lourds du secteur, ne sont pas épargnés.

Personne n’aura été épargné par la crise. Ni les petites PME de province, ni les « champions » du secteur qui ne pourront bientôt plus revendiquer ce titre, tant les annulations des grands événements les auront mis à mal. L’une des conséquences de cette période calamiteuse aura été de fortes turbulences à la fois managériales et sociales. La pandémie du covid-19 a eu l’effet d’une déflagration, révélant, ou exacerbant parfois de graves problèmes de gouvernance au sein des instances décisionnelles des entreprises.

 

GL Events : 866 postes en moins

 

Fondé par Olivier Ginon et Olivier Roux et coté en bourse, le groupe lyonnais GL Events essuie les plâtres depuis le déclenchement de la pandémie. Avec une perte de 77 millions d’euros en 2020, pour « la première fois de son Histoire », GL Events tente, coûte que coûte, de traverser la crise, multipliant les licenciements dans différentes villes de France, tout en restant en dessous du seuil entraînant de facto un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Jusqu’ici, GL Events aura perdu 364 personnes en France, soit 12 % de ses effectifs en 2020 et 15 % au niveau mondial, soit 866 postes. Pour les syndicats, il ne fait aucun doute que le groupe a orchestré un plan social sans le dire, GL Events ayant pourtant déjà bénéficié d’un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 249 millions d’euros. « L’entreprise profite de la crise pour nous jeter comme des malpropres », explique Didier Daroque, salarié de Reims, licencié pour motif économique.

 

Comexposium perd un quart de ses effectifs

 

Même son de cloche du côté des salariés du groupe Comexposium (Foire de Paris, Salon de l’agriculture, Salon de l’étudiant, Salon international de l’alimentation). Le numéro un français et troisième mondial traverse une procédure de sauvegarde entamée en septembre 2020, déjà reconduite pour une période de 6 mois, et qui pourrait se prolonger une deuxième fois si aucune solution n’est trouvée entre temps. Cette procédure, qui pourrait en théorie s’étaler sur une période de 10 ans, permet à Comexposium de geler ses créances (de l’ordre de 580 millions d’euros) et donc de tenir à distance ses créanciers, en attendant d’entreprendre une restructuration efficace. Mais tout comme GL Events, Comexposium accuse le coup : le groupe a perdu en 2020 75% de son chiffre d’affaires, et un quart de ses effectifs en France.

Les actionnaires historiques du groupe – l’assureur Predica, filiale du Crédit agricole, et la Chambre de commerce et d’industrie de Paris – se sont pourtant vu proposer une aide conséquente, soit 175 millions d’euros par les fonds d’investissements Strategic Value Partners, Attestor, KKR et Hayfin. Parmi ces 175 millions d’euros, 100 millions de «privilège de conciliation » et 75 millions de fonds propres, à quoi s’ajoute l’échange de la moitié de la dette en actions. Problème : les actionnaires n’ont aucune intention de perdre leur leadership et de partager la gouvernance du groupe avec ses quatre prêteurs. Au détriment des salariés ? Des rumeurs tenaces font état de la mise en place d’un PSE au sein de l’entreprise, sans que sa direction, non tenue de communiquer sur le sujet durant le temps de la procédure de sauvegarde, n’ait confirmé l’information.

 

Un secteur en perdition et des professionnels en reconversion

 

De leur côté, les salariés sont, pour la plupart, sans espoir, et pensent déjà changer de métier. « Ils ne reviendront pas », explique Andy Leblanc, président de l’Organisation du personnel de la restauration dans l’événementiel (OPRE). Cette dernière affirme, d’après une enquête qu’elle a menée auprès de 1000 professionnels, qu’au moins 70 % d’entre eux seraient déjà en reconversion professionnelle. Fortement ébranlé par la vague d’attentats sur le territoire français et la crise sociale des Gilets jaunes démarrée en 2018, le secteur peine à se relever. En 2020, en Ile-de-France, l’événementiel aura connu une perte de 3,4 milliards d’euros.

Seule perspective d’espoir pour le secteur : l’instauration du pass sanitaire, permettant de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif, et mis en service depuis le 1er juillet 2021, pour les événements rassemblant plus de 1000 personnes, couverts ou en plein air. Un outil controversé car jugé discriminatoire et liberticide par certains, pourtant validé par l’Assemblée nationale à la fin du mois de mai dernier, et qui pourrait offrir un peu de visibilité à une industrie exsangue.

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