Le Concours Lépine a récompensé une invention qui pourrait transformer le quotidien de 400 000 Français en fauteuil roulant. Il s’agit d’un système de freinage inédit pour fauteuils roulants, qui améliore la sécurité et l’autonomie des utilisateurs.
Une invention à la fois technique et humaine
En 2023, trois ingénieurs, Lancelot Durand, Matthias Portellano, et un troisième collaborateur, ont embarqué dans une aventure entrepreneuriale pour concevoir un système de freinage unique au monde pour fauteuils roulants. Le but ? Permettre un freinage sans effort et sans frottement, afin que l’utilisateur puisse maîtriser son fauteuil plus facilement.
Comme le dit Lancelot Durand, « Ce système-là va permettre à l’utilisateur d’avoir zéro frottement dans la main et cinq fois moins d’efforts », cite franceinfo. Pour les personnes en situation de handicap, ça se traduit par une autonomie plus grande au quotidien.
Le coup de pouce du Concours Lépine
Leur innovation a obtenu la plus haute distinction du prestigieux Concours Lépine, ce qui a donné un vrai coup d’accélérateur au projet. Cette récompense a facilité la commercialisation et le développement industriel du produit : elle a ouvert des portes auprès de fabricants et d’usineurs, tout comme le fauteuil roulant hybride Oxilio qui vise à transformer l’industrie de l’assistance médicale.
Pour Matthias Portellano, « Ça a été beaucoup plus simple à partir du moment où on a eu ce prix-là d’aller voir les fabricants, les usineurs, leur montrer nos pièces et leur dire : Aidez-nous à faire en sorte que ce produit soit accessible au plus grand nombre.»
Ce qu’ils ont fait et ce qu’ils veulent faire
Depuis leur succès au Concours Lépine, l’équipe s’est agrandie : six employés ont été embauchés pour soutenir la production et avancer vers leur objectif de vendre jusqu’à 1 500 paires de roues par an. Aujourd’hui, leur société commercialise environ 400 paires de roues annuellement à l’international.
La commercialisation à l’échelle mondiale vise à démocratiser ce système de freinage. Et, chose importante pour l’accessibilité financière, depuis une semaine au moment du reportage la Sécurité sociale française prend en charge 100 % du coût de ce dispositif.
Témoignages et changements personnels
Basile Mayer utilise ce système depuis un an et raconte combien sa vie a changé. Il explique : « Je mets juste deux doigts et je peux m’arrêter dans la descente sans difficulté. » Pour lui, la sécurité et la sérénité apportées par le dispositif sont inestimables; il évoque même une chute évitée auparavant. « Là, je sais que ça n’arrivera plus, donc c’est vachement rassurant. C’est aussi un confort parce que je peux me déplacer tout seul et que je n’ai pas besoin d’aide. Ça change la vie. »

