Tatouages XXL : ce que révèle cette découverte qui inquiète les chercheurs

En France, 20 % de la population est tatouée, un chiffre qui a doublé en seulement 13 ans.

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Tatouages XXL : ce que révèle cette découverte qui inquiète les chercheurs
Tatouages XXL : ce que révèle cette découverte qui inquiète les chercheurs © Social Mag

Les tatouages, qui étaient autrefois l’apanage de groupes comme les marins ou les prisonniers, se sont largement banalisés. En France, 20 % de la population est tatouée, une proportion qui a doublé depuis 2010. Mais une étude récente menée par des chercheurs de l’Université du Danemark du Sud, publiée dans BMC Public Health, remet en question la sécurité des encres sur le long terme. Les auteurs s’intéressent à un lien possible entre ces encres et l’apparition de certaines tumeurs, notamment des lymphomes et des cancers cutanés, et ils pointent un signal préoccupant pour les tatouages couvrant de grandes surfaces.

Des signes inquiétants chez les grands tatouages

Les chercheurs ont étudié près de 6 000 jumeaux adultes, en combinant deux approches méthodologiques. Une étude de cohorte a été croisée avec une comparaison systématique entre jumeaux monozygotes, ce qui limite les biais liés au mode de vie et à l’hérédité. Les résultats montrent que les jumeaux qui portent de grands tatouages, soit des zones « au‑delà de la paume d’une main », présentent une surreprésentation de cancers cutanés et de lymphomes par rapport à leurs frères ou sœurs non tatoués.

Les chercheurs avancent l’hypothèse d’un effet dose : plus il y aurait d’encre injectée dans la peau, plus les réactions inflammatoires pourraient durer et, à la longue, favoriser des processus tumoraux. Ils évoquent en particulier les encres noire et rouge, fréquemment utilisées, comme possibles déclencheurs d’inflammations chroniques capables de perturber le système immunitaire et de favoriser le développement de tumeurs.

Ce qui pourrait se passer dans le corps et ce qu’il reste à vérifier

Même si les observations sont préoccupantes, l’étude n’établit pas de lien de causalité formel entre tatouages et cancer. Les auteurs appellent à la prudence et demandent des recherches complémentaires pour mieux comprendre les mécanismes biologiques potentiellement impliqués. Ils cherchent notamment à savoir si les substances chimiques contenues dans certaines encres peuvent perturber les cellules au point d’induire des transformations malignes.

Plusieurs questions restent ouvertes : le rôle des couleurs de pigments, la profondeur d’injection, et l’exposition à d’autres facteurs de risque comme le tabagisme ou la consommation d’alcool. Les chercheurs soulignent aussi l’hypothèse selon laquelle les tatouages pourraient retarder le diagnostic de lésions cutanées précoces, une piste qui mérite une attention particulière.

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