L’Indonésie renvoie ses déchets plastiques à la France

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  • Publié le: vendredi 2 août 2019

Alors que des dizaines de tonnes de déchets plastiques à usage unique sont expulsés vers l’Asie, l’Indonésie a décidé de renvoyer dans des containers géants ce qui, selon elle, doit être traité par le pays d’origine.

La Chine avait été le premier pays à réagir. Puis les Philippines. Aujourd’hui, c’est l’Indonésie qui en a ras le bol d’être la poubelle du reste du monde. C’est ainsi que plusieurs containers de milliers de tonnes de déchets plastiques usagés ont été renvoyés à la France, mardi 30 juillet 2019.

Retour à l’envoyeur

« Le ministère de l’Environnement a recommandé le retour à l’envoyeur de 49 conteneurs », a expliqué Susila Brat, responsable des douanes de l’île de Batam (Indonésie).

L’Indonésie, comme ses prédécesseurs, a décidé d’être beaucoup plus regardante sur les déchets qu’elle accepte de traiter. Parmi les déchets refusés, le plastique de nombreux produits ménagers, souvent composés de matériaux chimiques et dangereux. Leur simple envoi en Indonésie violait déjà certaines règles d’importation…

Irresponsabilité écologique à moindre coût

Un retour à l’envoyeur qui forcera le Gouvernement français à faire face à ses responsabilités. L’exécutif français va devoir prendre de nouvelles mesures.

La France, en 2016, expédiait 50% de ses déchets triés vers la Chine, selon le BIR (Bureau International du Recyclage). La Chine qui refuse désormais de prendre en charge le moindre déchet étranger. « De toute évidence, ça coûte moins cher d’envoyer les déchets à l’autre bout du monde, que de les traiter en France. On paye un peu pour qu’ils disparaissent », explique ainsi Thibault Turchet, responsable des affaires juridiques pour l’ONG Zero Waste.

En France, il faut compter environ 30 euros la tonne de déchets chez un cimentier et 80 dans une décharge… Après avoir été exportée en Asie, elle coûtera entre 5 et 10 euros la tonne. Mais avec une empreinte carbone proprement catastrophique… « Un mécanisme vicieux », continue le membre du directoire du réseau déchets France nature environnement (FNE), Jean-Christophe Gavallet.

« Changer nos pratiques »

Chaque emballage en plastique étant composé de matériaux différents, le recyclage est très difficile. Une majorité des 300 millions de tonnes de plastique, produits chaque année dans le monde, finissent ainsi dans les océans et polluent les écosystèmes. Provoquant une catastrophe écologique sans précédent, qui alerte depuis déjà quelques années les chercheurs et scientifiques du monde entier.

Dans ce contexte précis, la France a sa part de responsabilité et sera obligée de prendre de nouvelles mesures, peut-être en accord avec les industries agroalimentaires, afin de traiter sur son propre sol les déchets de ses consommateurs. « Il faut changer nos pratiques, ou se priver d’emballages », développe Jean-Christphe Gavallet.

En tout cas d’ici quelques semaines, ce nouveau conteneur arrivera en France, chargé donc, de déchets voyageurs qui auront engendré encore davantage de gaz à effets de serre…

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