Face aux doutes grandissants sur l’avenir du système de retraite en France, de plus en plus de Français se lancent dans l’épargne de protection pour sécuriser leur avenir financier. Cette tendance s’explique par des interrogations sur la pérennité du système actuel et par le souhait de conserver un niveau de vie agréable une fois à la retraite. Ce souci devient si important qu’il influence à la fois les choix de chacun et les priorités au niveau politique.
L’épargne pour la retraite, priorité avant tout
Une enquête réalisée par AG2R La Mondiale, Amphitéa et le Cercle de l’Épargne montre que 62 % des Français pensent qu’il est important d’épargner pour leur retraite avant d’atteindre 35 ans, soulignant l’importance de l’épargne précoce. Cette anticipation vient d’une défiance généralisée concernant la capacité des pensions actuelles à garantir un train de vie correct. Ce ressenti est partagé par 72 % des personnes qui ne sont pas encore retraitées. Pour 60 % des sondés, l’avenir de la retraite reste la priorité numéro un en matière de politique sociale, dépassant largement l’assurance maladie (45 %) et la dépendance (37 %).
Ces résultats traduisent une préoccupation marquée pour l’avenir, dans un climat économique incertain. Les Français ne semblent pas vraiment prêts à accepter, par exemple, l’idée de travailler plus longtemps ou de voir leurs cotisations augmenter.
Comment réagir face aux réformes envisagées ?
L’idée de devoir travailler plus longtemps ou de payer davantage de cotisations est très mal perçue. Seuls 33 % se déclinent en faveur d’une extension du temps de travail, avec un taux qui chute à 27 % chez les actifs. De plus, seulement 24 % des personnes seraient prêtes à voir augmenter impôts ou cotisations sociales.
Dans ce climat d’incertitudes, les produits d’épargne à long terme comme l’assurance-vie et le Plan d’Épargne Retraite (PER) remportent de plus en plus de succès. Fabrice Heyriès, directeur général d’AG2R La Mondiale, explique : « Dans cette situation, les produits d’épargne à long terme, assurance-vie et PER, sont très appréciés par les Français. »
L’assurance-vie, le chouchou des épargnants
L’assurance-vie reste le placement le plus plébiscité avec 76 % d’adeptes parmi les personnes qui pensent à l’avenir sur le long terme. Viennent ensuite l’investissement locatif immobilier (69 %) et le Livret A (60 %), même si ce dernier doit voir son taux de rémunération baisser à partir du 1er août.
Le mois dernier, les contrats d’assurance-vie ont connu un véritable boom, atteignant un record net inégalé depuis seize ans pour un mois de mai, avec des cotisations cumulées de 13,9 milliards d’euros.
Satisfaction des épargnants et écarts selon les revenus
Globalement, les épargnants se déclarent satisfaits de leurs investissements. En effet, 58 % des détenteurs de fonds en euros et 62 % des investisseurs en unités de compte se disent contents des rendements obtenus. Du côté des souscripteurs d’un Plan d’Épargne Retraite, 65 % se disent également satisfaits.
Pourtant, on note un écart notable entre les ménages plus aisés et ceux aux revenus modestes, influencé par les dispositifs sociaux pour les retraités. Ainsi, 64 % des personnes gagnant plus de 4 000 € par mois épargnent activement pour leur retraite, alors que la moyenne générale dépasse à peine les 50 %.
Un taux d’épargne qui frôle les records mais qui inquiète
D’après l’Insee, le taux d’épargne des Français a atteint 18,8 % au premier trimestre 2025, son niveau le plus haut depuis 45 ans hors période de crise sanitaire. Même si cela traduit un véritable effort individuel pour préparer l’avenir face aux incertitudes économiques actuelles, cette tendance pourrait freiner la consommation et, par ricochet, peser sur la croissance économique du pays.
Alors que les Français jonglent avec des inquiétudes sur le long terme et des besoins financiers de plus en plus pressants, il devient urgent de repenser notre manière d’envisager le financement des retraites, tout en soutenant la vitalité économique nationale, en explorant des solutions pour la réforme des retraites.