Bourgogne-Franche-Comté : 17 000 lycéens de moins d’ici 2040, des territoires très inégalement touchés

Une projection de l’Insee publiée le 29 octobre estime que les lycées de Bourgogne-Franche-Comté pourraient perdre 21 % de leurs effectifs d’ici 2040. La baisse serait particulièrement forte dans plusieurs bassins ruraux et industriels, avec des conséquences possibles sur l’offre de formation et les déplacements des familles.

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Bourgogne-Franche-Comté : 17 000 lycéens de moins d’ici 2040, des territoires très inégalement touchés © Social Mag

Les lycées de Bourgogne-Franche-Comté pourraient accueillir près de 17 000 élèves de moins en quinze ans. Dans une étude publiée le 29 octobre 2026 avec les rectorats de Dijon et Besançon, l’Insee projette une baisse de 21 % des effectifs pré-baccalauréat entre 2025 et 2040, si les tendances démographiques se prolongent.

Cette trajectoire pose une question concrète aux familles et aux collectivités : comment maintenir une offre de formations accessible lorsque les générations arrivant au lycée deviennent moins nombreuses ? Les écarts territoriaux annoncés sont importants et aucune fermeture d’établissement n’est décidée par cette projection.

De 81 200 à 64 400 lycéens dans le scénario étudié

À la rentrée 2025, 81 200 élèves fréquentaient les 140 lycées publics et privés sous contrat relevant de l’Éducation nationale dans la région, hors enseignement post-bac et apprentissage. Dans le scénario de l’Insee, ils seraient environ 64 400 en 2040, soit 16 800 lycéens de moins. Les académies de Dijon et de Besançon connaîtraient des reculs proches, respectivement de 20 % et 22 %.

La diminution pourrait s’accélérer après 2030. Jusqu’à cette date, la région perdrait en moyenne environ 800 lycéens par an ; ensuite, la baisse atteindrait près de 1 300 élèves annuellement. Ce changement de rythme reflète principalement la diminution des naissances déjà observée : elles sont passées de 29 349 en 2015 à 21 861 en 2025 dans la région.

L’étude porte sur une projection démographique, pas sur une prévision certaine des inscriptions. Les mouvements de population, l’évolution de la fécondité, les choix d’orientation et les politiques éducatives pourraient modifier les résultats.

Avallon, Le Creusot et Belfort davantage exposés

Les 26 zones de recrutement scolaire étudiées ne suivraient pas la même trajectoire. Dans les bassins d’Avallon-Tonnerre et du Creusot-Montceau-les-Mines, les effectifs pourraient reculer respectivement de 32,2 % et 31,5 %. Les diminutions projetées atteindraient 29,2 % dans la zone d’Héricourt-Lure, 26,5 % à Belfort et 25,7 % à Montbéliard-Valentigney.

À l’inverse, les territoires proches de la frontière suisse résisteraient davantage : -13,2 % à Morteau et -15 % à Pontarlier. Les migrations résidentielles et les naissances plus nombreuses jusqu’au milieu des années 2010 y amortiraient le recul. Le média local ToutMontbeliard a également souligné l’ampleur de la baisse projetée dans son bassin.

Pour les familles, ces différences comptent : l’accès à certaines spécialités, à la voie professionnelle ou à un internat dépend de la répartition des formations entre établissements. Une baisse régionale uniforme ne décrirait pas les besoins réels de transport et d’accueil dans chaque bassin.

La voie professionnelle serait elle aussi concernée

Les projections de l’Insee distinguent les parcours. La filière générale et technologique perdrait environ 12 400 élèves, soit 22 % de ses effectifs de 2025. La voie professionnelle diminuerait de 4 400 élèves, soit 18 %, malgré l’hypothèse d’une progression de son taux d’accès à court terme.

Ce recul potentiel pourrait conduire les acteurs de l’éducation à réexaminer les capacités d’accueil, la carte des formations, l’utilisation des bâtiments et les besoins en personnels. Il ne signifie pas que chaque établissement perdrait exactement un cinquième de ses élèves ni que toutes les filières seraient touchées de la même manière.

Des décisions à préparer sans confondre scénario et calendrier

Les effectifs des lycées réagissent avec un décalage d’environ quinze à dix-huit ans à la natalité. Les générations plus petites qui entrent aujourd’hui dans le système scolaire permettent donc déjà d’anticiper une partie des besoins futurs. Le ministère de l’Éducation nationale a, de son côté, publié en avril des projections départementales à l’horizon 2035, utiles pour replacer l’étude régionale dans une tendance plus large.

Pour les collectivités, l’enjeu sera d’adapter progressivement les équipements et les formations tout en préservant leur accessibilité. Pour les parents et les élèves, les cartes scolaires et les décisions d’ouverture ou de fermeture de formations devront être suivies dans les annonces officielles des autorités compétentes : les chiffres de l’Insee ne constituent pas, en eux-mêmes, de telles décisions.

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