Les allergies infantiles sont un vrai sujet de santé publique. Aujourd’hui, près d’un enfant sur trois présente au moins une maladie allergique selon l’Inserm, comme l’eczéma, les rhinites allergiques ou l’asthme. Pour mieux comprendre pourquoi certains enfants développent des allergies et d’autres non, une étude internationale de l’Université Technique du Danemark a été publiée dans la revue Nature Microbiology. Elle met en lumière le rôle important de certains micro-organismes intestinaux dès les premiers mois de vie.
Une étude qui regarde de près le microbiote des tout-petits
Des chercheurs danois, dirigés par Susanne Brix Pedersen (professeure à la DTU Bioengineering) et Rasmus Kaae Dehli (immunologiste à la même institution), ont suivi 147 enfants de la naissance jusqu’à l’âge de cinq ans. Cette période est particulièrement déterminante pour le développement du système immunitaire et pour la composition du microbiote intestinal.
L’étude montre l’importance des bifidobactéries, présentes naturellement dans l’intestin de certains nourrissons. Dès les premières semaines, ces bactéries produisent un métabolite particulier, le lactate de 4-hydroxyphényl, ou 4-OH-PLA. Ce composé freine les réactions allergiques en réduisant de 60 % la production d’immunoglobulines E (IgE), les anticorps impliqués dans les réactions allergiques, sans perturber les autres anticorps nécessaires à l’immunité.
Ce qui favorise l’installation de ces bonnes bactéries
L’étude Begin s’est aussi penchée sur les facteurs qui aident à coloniser l’intestin par ces bactéries bénéfiques : la naissance par voie basse, l’allaitement maternel exclusif et les interactions précoces avec d’autres enfants. Les enfants nés par voie vaginale ont jusqu’à quatorze fois plus de chances d’acquérir ces bifidobactéries indispensables de leur mère.
Des analyses génétiques des selles ont permis de cartographier précisément les espèces bactériennes impliquées, établissant un lien biologique entre le microbiote intestinal et la maturation du système immunitaire. Une partie de la santé immunitaire se joue donc pendant ces premiers mois, comme le rappelle l’étude relayée par Futura le 31 janvier 2026.



