Sébastien Lecornu a annoncé, lundi 29 septembre, que l’« amélioration de la retraite des femmes » figurerait dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026. Cette promesse s’inscrit dans le prolongement du conclave sur les retraites et sera traduite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Dans un courrier adressé aux organisations syndicales, le chef du gouvernement précise que la mesure fera l’objet d’une inscription officielle et sera discutée au Parlement.
Une inscription au PLFSS pour 2026
Dans son courrier transmis aux syndicats, le Premier ministre a écrit : « Certaines mesures issues du conclave sur les retraites notamment celle relative à l’amélioration de la retraite des femmes feront l’objet d’une inscription au PLFSS pour 2026 », a rapporté Public Sénat. Selon 20 Minutes, Sébastien Lecornu a confirmé que « l’amélioration de la retraite des femmes sera inscrite au budget de la Sécu 2026 », donnant ainsi un gage aux partenaires sociaux qui avaient insisté sur ce sujet lors des discussions.
Cette orientation budgétaire découle directement des revendications portées lors du conclave. Les syndicats avaient notamment mis en avant la nécessité de mieux compenser les interruptions de carrière liées aux enfants. Le dispositif de trimestres accordés aux mères, jusqu’à huit par enfant, avait été fragilisé après la réforme de 2023 qui a repoussé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. Cette mesure vise donc à corriger une inégalité qui s’est creusée avec les réformes récentes et à répondre à une demande récurrente des organisations représentatives.
Retraite des femmes et enjeux de pénibilité
Le courrier adressé aux syndicats ne se limite pas à la seule question des pensions. Public Sénat rapporte que Sébastien Lecornu a également souhaité « poursuivre les échanges autour des enjeux de pénibilité et d’usure professionnelle », deux sujets jugés essentiels dans le débat social. Cette volonté d’inscrire la retraite des femmes dans le budget va de pair avec une réflexion sur l’équité entre les carrières longues et les métiers particulièrement éprouvants.
Le Premier ministre cherche ainsi à élargir le cadre de discussion. Pour lui, l’amélioration de la retraite des femmes n’est pas isolée, elle s’inscrit dans une série d’ajustements destinés à rendre le système plus juste. Ces thématiques ont été au cœur des échanges du conclave et qu’elles doivent désormais se traduire dans les textes législatifs. L’objectif est de réduire les inégalités de pension entre hommes et femmes tout en tenant compte des réalités professionnelles les plus difficiles.
Un budget contraint sous tension politique
Cette annonce intervient alors que le gouvernement cherche à présenter un budget crédible et transparent. Le Monde a indiqué que Sébastien Lecornu a choisi d’abandonner la méthode de calcul budgétaire héritée de François Bayrou, jugée peu lisible car basée sur un scénario tendanciel. Cette nouvelle approche doit permettre une meilleure visibilité des efforts financiers liés aux réformes, notamment sur la retraite. Cependant, le cadre budgétaire reste contraint.
Le projet initial prévoyait 44 milliards d’euros d’économies pour 2026. Ce chiffre, contesté par une partie de la majorité et des partenaires sociaux, fait aujourd’hui l’objet de discussions politiques. L’inscription d’une mesure spécifique en faveur de la retraite des femmes dans le PLFSS pourrait constituer un levier pour rallier certains soutiens parlementaires, en particulier du côté des formations sociales-démocrates. Elle représente à la fois un geste budgétaire ciblé et un signal politique destiné à apaiser les tensions autour de la réforme de 2023.







